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lundi 18 janvier 2010

Ensemble pour des régions à gauche, solidaires, écologistes et citoyennes

L'ampleur de la crise écologique et la gravité de ses conséquences sur les sociétés humaines sont manifestes. Les exigences autour de l'environnement sont rentrées dans le débat politique et citoyen sur toute la planète. Il s'agit aujourd'hui de soutenir un modèle de développement qui respecte à la fois la justice sociale et l’environnement.

Le mirage du « capitalisme vert », comme le gouvernement Sarkozy essaye de nous l’imposer, n'est pas une solution à la crise écologique.

Le capitalisme n'est pas écolo-compatible. Il recherche le profit financier maximum dans un temps minimum, et suit sa logique de prédation des ressources naturelles, et du travail des salariés, au coût le plus faible. Inégalités sociales et environnementales vont de pair.

Après l’échec de la taxe carbone, injuste car pénalisant les plus modestes sans toucher aux rouages du capitalisme, il est grand temps d'ouvrir le débat écologique en posant la question du système de production et de promouvoir un modèle de développement qui soit à la fois durable pour notre planète, et émancipateur pour les personnes.

Les prochaines élections régionales seront une occasion de construire des majorités solidement ancrée à gauche, porteuses de transformation sociale et écologique. On ne pourra pas répondre aux défis écologiques tant que l'on ne portera pas des projets alternatifs à la logique du système en crise.

C'est l'ambition du Front de Gauche (PCF, PG, GU) pour les prochaines élections régionales !

Dans les transports, il faut un virage écologique : les transports publics doivent être développés, rendus accessibles à tous. Nous proposons ainsi la gratuité pour les TER, qui est juste à la fois pour le pouvoir d'achat et l'écologie. Mais nous devrons aussi améliorer l’intermodalité, proposer des parkings urbains, proches des gares et des centres villes, et encourager le trafic piéton et à vélo …

L'énergie doit être considérée comme un bien commun à l'humanité et non comme une marchandise. Après l'incapacité manifeste des grandes puissances à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre lors du sommet de Copenhague, les peuples doivent imposer une autre dynamique. Sur nos régions, nous portons l'exigence de développement des énergies renouvelables et la définition d'un droit à l'énergie pour tous.

Dans le cadre de ses compétences en matière d’aménagement du territoire, la Région peut aussi contribuer à faire évoluer les espaces urbains et améliorer notre qualité environnementale. Cet aménagement doit être capable de maîtriser l’étalement urbain résidentiel et de préserver des zones agricoles et naturelles, et de favoriser la relocalisation de l’économie.

L’eau est aussi un sujet clé : une région à gauche sera un atout en 2012 pour exiger la remunicipalisation de l’eau à Marseille et ailleurs.

Nous vous invitons au lancement de la campagne du Front de Gauche sur Marseille 4/5

Quels enjeux écologiques pour la Région … et au-delà ? Jeudi 21 janvier, 18h30, 88 Bd Chave, Marseille 5ème

Ensemble pour des régions à gauche, solidaires, écologistes et citoyennes !

lundi 14 septembre 2009

Humeur de rentrée

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Comme chaque rentrée sous présidence sarkozyste, on ne peut qu'être dépité par la gestion des affaires publiques. Mais avant de rentrer dans les détails, un bref retour sur le contexte mérite le détour.

Il y a un an éclatait la dernière crise financière mondiale. Un an après, un an après des millions de licenciements de part le monde, un an après des plans de sauvetage faramineux où les états ont réussi à débloquer plusieurs milliers de milliards de dollars en quelques mois pour sauver les institutions financières, un an après les déclarations des fanfarons sur la réforme du capitalisme, on peut dire que rien n'a changé structurellement. Les actionnaires peuvent dormir tranquilles, les bénéfices du CAC 40 pourraient atteindre 60 milliards d'€. Car la logique même qui a conduit à la crise, l'accumulation de capital, est intouchée. L'inflation financière permise par un déséquilibre croissant entre les salaires et la finance, continue de plus belle avec les injections massives de capitaux sans conditions. Les polémiques entretenues sur les bonus et sur les paradis fiscaux, pour salutaires qu'elles sont, ne permettent pas de cibler le problème de l'accumulation du capital dans le capitalisme. Mais ce qui est troublant est que cette crise dure. Elle dure très longtemps. Les premiers manifestations de la crise ont éclaté en 1973, mais elle n'arrive pas à se résorber. Depuis 2000, nous avons vécu la crise asiatique, russe, internet, en amérique latine, et maintenant la crise des subprimes. Nous vivons constamment la crise écologique. Le capitalisme est dans une impasse et il peine à trouver une nouvelle parade pour s'adapter à ses contradictions. La révolution informationnelle qui était envisagée comme sortie de crise semble même accroître les contradictions du système. Cela renforce notre conviction et notre détermination à imaginer un dépassement de ce système de production qui est à l'économie ce que la monarchie est à la politique. Dépasser le capitalisme, c'est oser dire qu'aujourd'hui, les financiers dont le métier est la gestion du risque lié à la fluidité de l'argent sont manifestement incapables de remplir leur mission dans le cadre du marché. Il s'agit aujourd'hui de mettre en débat la création d'un vrai service public de la finance, en passant notamment par la nationalisation des grandes banques. Il s'agit aujourd'hui de mettre en débat la conditionnalité du crédit sur des critères sociaux et environnementaux, par exemple en prenant appui sur des fonds régionaux. Il s'agit aujourd'hui de parler de démocratie dans l'économie, pour réaliser dans ce champ de l'activité humaine la même révolution que celle de 1789 en politique. Des alternatives existent et foisonnent, mais elles restent en sourdine dans l'ère médiatique. Il est de notre devoir de nous en emparer et de les mettre en débat.

D'autant plus qu'une deuxième crise moins visible situe aussi le contexte de cette rentrée. Je pense ici à la crise que vie la démocratie en ce moment. L'année dernière, le congrès s'est permis de voter la constitution européenne contre l'avis du peuple. Résultat, nous avons eu le record d'abstention cette année. La politique devient de plus en plus un spectacle où le débat citoyen fait place au combat d'ego à coup de médias amis interposés. Forte abstention, désintérêt, politique-spectacle, personnalisation des enjeux. Dans ce lit là, la social-démocratie est incapable d'être une force porteuse d'espoir. De partout en Europe. Alors même que la crise économique montre l'absurdité des thèses des néo-libéraux qui fabriquent les programmes de la droite, alors même que le contexte historique devrait pousser les citoyens à réclamer d'autres mesures, on constate l'inverse, un repli sur le connu. La gauche dans son ensemble, et la social-démocratie en particulier, sont incapables de porter l'espoir du changement. Avec comme conséquence, au mieux, un désintérêt de la chose publique et au pire, un retour des idées xénophobes et fascistes.

Dans ce contexte là donc, la droite amie du capital en profite pour remettre en cause les droits des salariés pour assurer les ceux du capital. On peut remarquer que dans tous les débats de la rentrée, on parle de taxer les travailleurs, mais sans toucher au détenteur du capital. C'est vrai pour la taxe carbone. Seuls les naïfs peuvent croire que l'intention est écologique. Mise en parallèle avec la suppression de la taxe professionnelle sur les entreprises, on comprend que la taxe carbone permet de transférer sur les travailleurs la fiscalité du capital. Et puis, le gouvernement parle d'augmenter le forfait hospitalier, d'augmenter de l'âge de départ à la retraite en annulant certains avantages pour les femmes. Il supprime des postes dans l'éducation nationale, privatise la Poste, nous pousse à travailler le dimanche, et il a fait passer cet été une loi permettant de licencier les fonctionnaires. Beaucoup de cadeaux aux salariés donc. Pendant ce temps là, les entreprises verront annulée la taxe professionnelle, seront exemptes de la taxe carbone pour souci de compétitivité, et le bouclier fiscal continuera cette année à reverser 80 000€ aux 3000 ménages les plus chanceux. On voit qu'il y a deux discours, l'un pour les salariés, l'autre pour le capital.

Et puis, histoire que la population ne sache plus quel sera la prochaine attaque, le gouvernement attaque aussi tous azimuts sur nos libertés. Il prévoit ainsi de réformer les institutions en déssaisissant les élus locaux de leur pouvoir au profit du pouvoir centralisé, et au passage en redécoupant les circonscriptions en faveur de la droite. Il prévoit aussi de réformer la justice en supprimant le juge d'instruction et en oubliant l'indépendance du parquet, permettant un réel contrôle d'un des rares contre-pouvoir par le pouvoir sarkozyste. Il est vrai qu'un autre contre-pouvoir, les médias, voient leurs présidents directement nommés par le président-roi, la logique est complète. Enfin, la loi Hadopi, vient marquer une volonté de la part des prétendus libéraux de contrôler ce nouvel espace de liberté que constitue le monde numérique.

La situation du moment ne permet donc probablement pas d'avoir beaucoup de satisfactions. D'autant que la teneur des débats politiciens est affligeante de vide. La droite obéit à son duce, mettant en veilleuse sa réflexion individuelle. Le centre est occupé par un homme à l'égo débordant. Et la gauche n'arrive pas à avoir une ligne claire. Les sociaux-libéraux, repris par le Modem, plaident maintenant ouvertement pour des alliances entre une partie de la gauche et le parti du Modem de droite, dont le seul dénominateur commun est l'anti-sarkozysme. Déjà, le débat sur les courses à l'ego a repris en vue des présidentielles de 2012, en oubliant au passage les régionales de 2010. Et pour assurer le spectacle, ils nous ont concocté les primaires, censées être la solution pour la gauche et qui risquent d'en être les fossoyeuses. Car dans cette politique-spectacle là, il n'y a nul place pour le débat citoyen. Et sans débat citoyen, pas d'espoir de changement en profondeur.

Dans ces conditions, comment travailler pour des réponses radicalement et structurellement progressistes ? Comment travailler à un rassemblement à vocation majoritaire sur un contenu à la hauteur des enjeux ? Telles sont les questions qui nous sont posées. Le premier exercice pratique concerne les futures régionales. Les communistes entendent amplifier la démarche qu'ils ont initiée de Front de Gauche, en tendant à l'élargir. Le parti de gauche affirme lui aussi vouloir continuer la démarche du Front de gauche, ainsi que Gauche Unitaire, issue du NPA. Tous deux sont pour des listes autonomes du PS au premier tour, et pour des fusions de second tour. Le NPA fait de l'indépendance au PS une condition intangible et refuse pour le moment la participation à des exécutifs régionaux. Le PCF entend porter le débat sur le projet afin de décider courant novembre de sa stratégie. Il propose ainsi que le Front de Gauche organise plusieurs « ateliers thématiques nationaux», lieux de confrontation de toutes les forces de gauche, ainsi que des forces du mouvement social. Ces ateliers auraient pour but de « faire commencer à émerger les grands axes d'un nouveau projet transformateur ». Ainsi, « le Front de gauche  n'est pas figé et doit s'élargir, en refusant à la fois la résignation face aux logiques capitalistes, et la résignation à prendre le pouvoir ». Bref, il s'agit de construire des contenus politiques capables de transformer la société, de porter des projets politiques qui fassent des régions des pôles de résistance aux politiques libérales, des pôles de promotion d'un nouveau type de développement social et écologique. Et il s'agit de faire conquérir des majorités capables de faire avancer ces projets dans les régions, avec notamment le maximum d'élus communistes. Sur la section, nous allons avoir de nombreuses réunions afin que cette démarche soit l'affaire de tous les communistes, et que nos choix soient le fruit d'un processus démocratique.

vendredi 17 juillet 2009

Egalité : le concept clef

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in l'Humanité, 13 juillet 2009

L’aspiration à l’égalité revient en force

La crise a donné un nouvel élan aux valeurs de justice sociale. Même Nicolas Sarkozy doit en tenir compte…

« Une société égalitaire, c’est le contraire d’une société de liberté et de responsabilité », lançait Nicolas Sarkozy le 24 mars dernier, lors d’un déplacement à Saint-Quentin. Mais plus récemment, à Versailles, le chef de l’État a ajusté sa vision, déclarant que « pour atteindre l’égalité, il faudra savoir donner plus à ceux qui ont moins ». S’il semble ainsi avoir pris conscience du caractère incontournable, politiquement décisif en période de crise, de la référence à l’égalité, il n’est évidemment pas question pour lui de rompre avec les fondamentaux du libéralisme. La suite de son propos en témoigne : « il faudra savoir compenser les handicaps de ceux auxquels la vie a donné d’emblée moins de chance de réussir qu’à tous les autres. Il ne faut pas le faire sur des critères ethniques. (…) Il faut le faire sur des critères sociaux. » Ainsi, toute visée redistributive se devrait d’avoir pour toile de fond non l’égalité des individus concrets, mais celle des chances, qui appréhende la société comme une grande loterie.

L’égalité des chances ouvre aussi, n’en déplaise au chef de l’État qui redécouvre les « critères sociaux » le temps d’un discours, sur la discrimination positive et les logiques de quotas. Plutôt que de renforcer en tant que telles les zones d’éducation prioritaire (ZEP), on donne ainsi la priorité à des expériences comme les « quotas ZEP » de Science-Po. Et que dire du récent rapport proposant un quota de 40 % de femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises ? Cette proposition vise-t-elle à faire progresser l’égalité entre homme et femme ou, plus prosaïquement, à égaliser formellement l’accès au club de celles et ceux qui tirent profit d’un système social inégalitaire ? « Il n’y a aucune contradiction entre la perpétuation des élites et leur diversification : on s’efforce de les diversifier pour les légitimer, pas pour les faire disparaître », tranche l’universitaire américain Walter Benn Michaels, auteur d’un petit livre paru récemment, la Diversité contre l’égalité (1).

Reste que les inégalités sociales se croisent évidemment avec les inégalités de genre : aujourd’hui en France, les femmes perçoivent des salaires inférieurs d’environ 21 % à ceux des hommes. Et le racisme peut être structurel, comme en témoigne la perpétuation d’une économie de type colonial dans les Antilles. Les formes d’inégalités sont multiples, mais celle des revenus revient au cœur du débat public. Début 2009, l’affaire des stock-options de Daniel Bouton, alors PDG de la Société générale, a inauguré le scandale des revenus des grands patrons. En tenant compte uniquement des salaires, les patrons les mieux rémunérés de France touchent entre 80 et 270 années de SMIC (2). Des chiffres qui donnent l’aspect d’une provocation au fatalisme grinçant d’Ernest-Antoine Seillière, ancien patron des patrons, lequel déclarait, dans le cadre d’un dossier du JDD du 29 mars consacré au « divorce » entre les Français et les « super-riches » : « Nous passons d’un monde où triomphait la liberté à un monde où domine l’égalité. » De l’égalité redistributrice à l’appropriation sociale

Pour que l’égalité domine vraiment, il faudrait peut-être, justement, que la liberté triomphe, non pas la fausse liberté du maître de forge, bien dépendant de ceux qui travaillent pour lui, mais celle de se réaliser soi-même. Cela implique de passer du refus de l’inégalité à l’offensive pour une égalité positive. N’était-ce pas déjà le souci de Marx, opposant, dans sa Critique du programme de Gotha, la logique « à travail égal, salaire égal » d’une société « portant encore les stigmates de l’ancienne société capitaliste » à celle de la société communiste réalisée : « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins » ? Les luttes pour la « récupération des biens communs », selon l’intitulé du manifeste adopté au Forum altermondialiste de Belem, partent concrètement de cette aspiration à l’appropriation commune, qui se développe dans le monde, notamment en Amérique latine. Début 2009, la Bolivie a adopté par référendum une nouvelle Constitution, dans laquelle certaines ressources, en particulier l’eau, sont considérées comme des biens non privatisables. C’est là le couronnement de plusieurs années de luttes populaires contre des multinationales comme Bechtel, qui utilisaient leur situation de monopole dans certaines régions pour imposer des hausses de tarifs vertigineuses, excluant de fait toute une partie de la population de l’accès à l’eau. Qui dit bien commun dit gestion publique, partout et y compris en France, où l’INSEE a récemment présenté une étude soulignant que les « transferts en nature » réalisés par les services publics (santé, éducation, logement social…) concourent pour plus de deux tiers (69 %) à la réduction des inégalités (3). Loin d’être une valeur abstraite, l’égalité avance en s’appuyant sur les acquis des luttes sociales, cœur battant de toute démocratie véritable. Parler égalité, c’est parler démocratie

Comme à chaque Fête nationale, la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 va revenir inspirer les acteurs du débat politique. De ce texte fondateur, on retient généralement une proclamation de portée universelle : « Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Il ne s’agit cependant que du début de l’article premier, qui se poursuit en stipulant que « les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » Ainsi, l’égalité est dissociée de « l’égalitarisme » qui effraie tant la droite, et en même temps rapportée à l’idée d’un intérêt général. Mais la question de savoir qui est habilité à définir l’intérêt général ou l’utilité commune n’est pas tranchée. Ce n’est qu’avec la révolution de 1848 que disparaît le suffrage censitaire, qui subordonnait le droit de vote aux ressources. Et encore, dès 1850, une dose de ce suffrage est rétablie, par une loi conditionnant le droit de vote à trois ans de résidence continue dans une même commune. Ainsi, les migrants, petits paysans en exode vers les villes, sont d’emblée exclus, ainsi que les ouvriers précaires. Parler égalité, c’est donc nécessairement parler démocratie – égale liberté d’intervenir dans les affaires publiques du pays où l’on vit et travaille ainsi que droits et pouvoirs d’intervention pour les salariés qui produisent les richesses dans les entreprises. Où en sommes-nous aujourd’hui de ce combat émancipateur ? Laurent Etre

(1) La Diversité contre l’égalité, Walter Benn Michaels. Éditions Raisons d’agir, 2009, 7 euros. (2) Observatoire des inégalités (3) Portrait social de la France 2008, INSEE.

L’égalité, toujours subversive par Denis Colin, philosophe

En 1789, les hommes sont proclamés « libres et égaux en droits », lesquels droits sont « la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression ». On connaît les contradictions de cette formule : les droits politiques ne figurent pas en tant que tels dans la déclaration. Les droits de l’homme et ceux du citoyen sont distincts. Marx a pu écrire que c’était la déclaration des droits du bourgeois égoïste. La propriété ne devient-elle pas l’organe d’un nouveau servage de la grande majorité au profit de la minorité des propriétaires ? Dans l’enthousiasme de l’été 1789, les contradictions pouvaient disparaître derrière les discours. Les décennies suivantes mirent tout cela à nu : en juin 1848, la République sociale se dressa contre la République bourgeoise et les travailleurs firent valoir leurs droits contre la liberté et la propriété bourgeoises. Ils le payèrent cher. Les bonnes raisons ne manquent donc pas pour soupçonner l’égalité en droits de n’être que la légitimation idéologique d’inégalités sociales qui ne proviennent plus (directement) de la naissance, mais de la propriété. Pourtant, le mot même d’égalité continue d’agir comme un ferment révolutionnaire. Non pas parce que derrière la revendication égalitaire se nicherait l’envie – ainsi que l’affirment les théoriciens libéraux –, mais parce qu’il n’y a pas de liberté sans égalité. Le gouvernement des hommes libres, c’est le gouvernement des égaux, et l’égalité n’est pas une question de grosseur du portefeuille – les patrons égalisent volontiers les salaires vers le bas – mais une question de domination. Dans l’inégalité qui existe entre ouvrier et capitaliste, le problème le plus fondamental n’est pas que le capitaliste gagne beaucoup plus que l’ouvrier – car il pourrait se faire que ce ne soit pas le cas –, mais qu’il soit le représentant du capital qui soumet l’ouvrier aux exigences de l’accumulation. La revendication égalitaire exige, comme le disait le congrès de la CGT de 1906, « l’abolition du salariat et du patronat ». La révolution de 1789-1793 a posé, même sous des formes abstraites, la question de la liberté comme non-domination. Mais l’histoire s’est chargée d’enseigner que la non-domination implique la transformation radicale des rapports sociaux. Les classes dirigeantes savent bien le potentiel subversif que garde l’égalitarisme. Les idéologues de la domination s’évertuent à détruire l’égalitarisme, dénoncé comme une forme sournoise de totalitarisme. Mais ces discours ne suffisaient pas. On détourne donc la revendication égalitaire par une revendication proche, mais parfaitement inoffensive pour l’ordre existant, la nondiscrimination : personne ne peut être empêché d’être capitaliste en raison de la couleur de sa peau ou de ses préférences sexuelles… Ou encore : les pauvres Blancs doivent avoir autant le droit d’être SDF que les pauvres Noirs. Cette double offensive contre l’égalité, frontale et par dénaturation, n’est pourtant que l’hommage du vice à la vertu.

(1) Auteur du Cauchemar de Marx, Éditions Max Milo, 2009

Le 14 Juillet dans un fauteuil Louis XVI Les vingt plus grosses fortunes de la planète sont invitées à Mont-Saint-Martin en Meurthe-et-Moselle. Elles ne viendront pas, mais cette démarche symbolique vise à dénoncer les inégalités mondiales.

Une initiative comme pour de rire, qui cache une très sérieuse analyse. Bill Gates, Warren Buffet et les dix-huit autres figures de proue du capitalisme mondial sont invités à fêter le 14 Juillet à Mont-Saint-Martin (Meurthe-et-Moselle). Pas de panique, la municipalité communiste ne projette pas de leur couper la tête, histoire de commémorer la Révolution française. Au contraire : les représentants des vingt plus grosses fortunes de la planète, s’ils viennent - c’est peu probable -, seront confortablement installés pour une cérémonie officielle dans des fauteuils Louis XVI, bien rembourrés et finement ouvragés, qui font partie du patrimoine de la ville. En revanche, il leur sera gentiment demandé de « faire un effort tout à fait indolore », de donner un petit coup de pouce à l’humanité. Bref, de mettre un peu la main à la poche.

Fatigué par « le discours ambiant, le "travailler plus", les parachutes dorés et le projet de retraite à soixante-sept ans », le maire PCF de la ville et conseiller général, Serge de Carli mijote ce projet depuis trois mois. Il repose sur un constat connu de tous, ou presque : « Près de 2,5 milliards de personnes survivent avec 1,50 euro par jour. À l’autre bout, les 793 milliardaires en dollars recensé

en avril 2009 possèdent 1 836 milliards d’euros. » Comme il n’y avait pas assez de fauteuils Louis XVI pour les 793 milliardaires, la mairie s’est limitée à inviter les vingt premiers. Mais elle entend s’adresser à tous. Partant du principe que, « même en vivant plusieurs millénaires, les possesseurs de ces fortunes privées n’auraient aucune possibilité de tout dépenser », il sera proposé aux 793 chanceux de ne conserver que 1 milliard de dollars chacun (soit 765 millions d’euros) et de faire don de tout le reste. Cette manne de 1 229 milliards d’euros serait confiée à une « banque de l’humanité solidaire » créée pour l’occasion et qui servirait à satisfaire certains besoins fondamentaux (eau, santé, éducation). Point de détail : sur les 793 milliardaires, près de 150 ne possèdent qu’un seul milliard de dollars. « Eux, on leur laisse leur argent », déclare, magnanime, le maire Stéphane de Carli.

Ce projet est adossé à une exposition solidement documentée. On pourra y apprendre les derniers chiffres concernant la répartition des richesses entre les pays (les 20 premiers trustent 82,52 % du PIB mondial). On pourra s’y rafraîchir les idées sur la faiblesse de l’aide accordée aux pays les plus pauvres (en chute de 5,1 % cette année), ou encore sur la faim dans le monde, l’accès à l’eau et aux soins. Enfin, à destination de nos amis milliardaires, probablement anxieux à l’idée de se faire spolier de la plus grosse partie de leur fortune, un plaisant panneau de l’expo est intitulé « Comment vivre avec 765 millions ». On y apprendra quelle serait la rémunération annuelle de cette somme placée, « hors de toute tentation spéculatrice », sur un livret A à 1,75 % (faites vous-même le calcul, c’est tout à fait raisonnable).

Mont-Saint-Martin est une commune de 8 500 habitants, près de Longwy, en plein bassin sidérurgique. On l’appelle « la ville aux trois frontières », puisqu’elle jouxte le Luxembourg et la Belgique. Son quartier le plus jeune et le plus dynamique, le Val-Saint-Martin, est aussi une zone classée sensible. Pas vraiment le lieu de villégiature idéal pour nos vingt multimilliardaires. Mais s’ils venaient quand même ? « D’abord, on les remerciera chaleureusement pour leur courage, explique Serge de Carli. On leur demandera ensuite de faire un petit chèque de 500 millions d’euros, une broutille par rapport à ce que nous réclamons. Cette somme nous aiderait, entre autres, à mener à bien notre projet de rénovation urbaine et à refaire nos installations sportives. »

Mehdi Fikri

dimanche 5 juillet 2009

« Nous avons besoin de relais politiques »

Roland Gori, professeur de psychopathologie et initiateur de l’Appel des appels, participe au forum du Front de gauche.

« On manque de relais politiques pour transmettre notre message. L’initiative du Front de gauche nous paraît être un bon début pour combler ce déficit ». C’est ainsi que Roland Gori, professeur de psychopathologie à l’université d’Aix-Marseille et initiateur de l’Appel des appels, explique le sens de sa présence, ce soir, au forum parisien de la Mutualité. « Il ne s’agit pas de nous aligner sur les positions d’un parti. Mais nous avons cru déceler, avec le Front de gauche, un souci d’assurer ce relais. »

Pour le scientifique, la

mobilisation de diverses professions d’intérêt général (soins, information, culture, recherche, etc.) révèle une « conception politique » qui transcende la singularité des métiers : « L’Appel des appels fait le constat que les secteurs professionnels ayant en charge la sauvegarde du bien public sont confrontés à des souffrances qui révèlent une pathologie de civilisation. Au-delà des symptômes, chacun se plaint de la même chose : l’idéologie de l’homme économique, plongé dans la recherche du profit immédiat, des résultats de court terme, et de la rentabilité maximale. »

Un mal qui s’accompagne de son cortège de flexibilité,

de précarité, de casse des statuts, mettant à mal le coeur même des métiers visés. « Le trait commun à cette offensive idéologique est la tentative de nous faire accepter cette marchandisation de notre travail, comme une forme de soumission volontaire. C’est pourquoi la conception que l’on se fait de nos métiers est hautement politique. » « À tous les secteurs de la société est appliquée une prescription purement idéologique, qui consiste à réformer nos métiers au nom de valeurs qui se sont pourtant avérées toxiques dans les secteurs mêmes qui les ont générées », explique le professeur, en allusion à la recherche effrénée du profit qui a déclenché la crise financière. Une crise qui, pour lui, ne se limite pas à sa dimension économique et sociale, mais est aussi « politique et morale ». « En refusant de brader le coeur de nos métiers, nous élevons une indignation morale et attestons d’un choix politique, éthique, social, confie-t-il. Nous avons vraiment besoin de partager nos expériences. »

L’Appel des appels entend ainsi sensibiliser l’opinion et les politiques à cette conception solidaire des professions qu’il rassemble, contre « la logique assurancielle, probabiliste et individualiste mise en oeuvre par les réformes sarkozystes ».

l'Humanite, 3 juillet 2009

jeudi 2 avril 2009

soirée éducation populaire : LBO, les insoummis

Crise financière, crise du capitalisme : Quelles alternatives ? Quels pouvoirs des salariés ?

Projection-débat autour du documentaire «LBO, les insoumis»,

en présence de Philippe Matzkowski, Collectif LBO-CGT, Isabelle Pasquet, sénatrice PCF.

Jeudi 16 avril, 18h30, 64 rue Astruc, Marseille 5ème

jeudi 16 octobre 2008

Vers un nouveau Front populaire

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Huma du 16 octobre

Par Jean Lojkine, directeur de recherche au CNRS (*) La gauche pour qui, pour quoi ?

La gravité de la crise systémique qui vient de se déclencher porte un coup sévère à l’idéologie libérale qui dominait depuis trente ans. En même temps elle remet au premier plan les difficultés qu’ont rencontrées Marx et les marxistes à relier crise capitaliste et révolution politique. Il s’agit en premier lieu du lien entre la « maturation » économique de la crise et sa traduction politique. Marx et surtout Engels souligneront les illusions qu’ils avaient entretenues sur la corrélation entre les crises économiques européennes et le déclenchement des révolutions de 1830 et de 1848 ; par contre ils resteront persuadés du lien étroit qui existait entre maturation économique objective et « clarification », aux yeux des masses populaires, du caractère obsolète du système capitaliste. La complexité de la représentation politique partisane sous la IIIe République en France, les oscillations des ouvriers parisiens entre césarisme (le général Boulanger, Napoléon III), blanquisme et anarcho-syndicalisme conduiront Engels à une approche beaucoup plus « évolutionniste » de la conquête de l’hégémonie par les partis socialistes, dans la lignée des thèses que développera plus tard Gramsci.

L’histoire a tranché ; elle nous a obligés de rompre avec les conceptions mécanistes du marxisme qui ne prenaient pas en compte la complexité et l’autonomie relative des représentations politiques. Puisque la comparaison avec la grande crise capitaliste de 1929 revient aujourd’hui en force, il faut rappeler que cette crise engendra à la fois les fascismes allemand et italien, le New Deal américain et le Front populaire français. Même si la crise de 1929 engendra partout une intervention massive de l’État dans l’économie, ce ne fut que dans quelques pays européens que cette intervention de l’État fut accompagnée d’une intervention décisive du mouvement ouvrier pour la conquête de nouveaux droits et de nouvelles protections sociales. Ce qui fut alors décisif ce fut la capacité politique à rassembler sans sectarisme classe ouvrière, paysans et petite bourgeoisie, à travers l’alliance entre radicaux, socialistes et communistes. Le triomphe du nazisme en Allemagne bénéficia au contraire de la division entre un Parti communiste sectaire et une social-démocratie opportuniste. Mais le ciment de l’alliance de classes dans le Front populaire fut la conquête syndicale et politique par la classe ouvrière d’une solidarité collective entre actifs, entre actifs et non-actifs, à l’échelle des conventions collectives de branche, de la retraite par répartition et de la Sécurité sociale.

Depuis trente ans, les néolibéraux ont peu à peu sapé les fondements de cette protection sociale, tandis que l’étatisation de la Sécurité sociale mettait fin au contrôle des usagers et des salariés, la solidarité nationale cédait la place à l’individualisme marchand, à la concurrence de tous contre tous. Mais les luttes actuelles pour recréer du lien social, de la solidarité collective ne peuvent plus se contenter de « résister » aux « réformes » libérales et de défendre les « acquis sociaux » ; l’effondrement actuel du système capitaliste, le tableau journalier de l’injustice scandaleuse qui a bénéficié à la petite élite dirigeante qu’il faudrait maintenant renflouer, cette conjoncture exceptionnelle où les fondements du capitalisme apparaissent pour ce qu’ils sont ouvrent une nouvelle phase politique : il ne s’agit pas de réclamer « plus d’État », comme les libéraux et les sociaux-démocrates, mais plus d’intervention directe des salariés et des usagers dans la gestion des banques, des entreprises et de la Cité.

Pour ce faire, les communistes doivent assumer les raisons profondes du double échec du socialisme soviétique et de la social-démocratie occidentale. Les plans alternatifs pour contrer la crise capitaliste existent dès aujourd’hui (relancer un grand pôle public, bancaire et industriel, mettre en place des critères sélectifs rigoureux pour que l’argent aille prioritairement à la satisfaction des besoins sociaux et non à la spéculation financière), mais leur réussite dépend d’abord non d’un simple retour à l’État technocratique, mais de l’intervention réelle des couches populaires et des travailleurs intellectuels pour orienter et contrôler l’usage des fonds publics et les investissements des entreprises dans le secteur productif.

C’est justement l’absence de cette intervention d’en bas qui explique l’échec de l’expérience soviétique et du modèle social-démocrate. En URSS, comme dans tous les pays ayant adopté la centralisation étatique, le sommet était aveugle et la base muette ; dans les pays capitalistes occidentaux, l’État « social » a servi de « béquille » aux groupes capitalistes qui se sont restructurés après 1945, mais la logique du profit et de la spéculation n’a pas été mise en cause par les administrateurs publics dans les conseils d’administration des groupes nationalisés, avec son cortège de scandales financiers et de gestion à courte vue, selon les aléas de la Bourse. Rappelons-nous déjà l’affaire du Crédit lyonnais.

Dans les pays scandinaves comme dans les pays anglo-saxons, l’État social, centralisé et dirigiste pour les usagers des services publics, est totalement impuissant face à la financiarisation du capital qui a précarisé la main-d’oeuvre, fragilisé le secteur productif et brisé la solidarité collective entre actifs et inactifs.

La gauche dans son ensemble doit tirer toutes les leçons de ce double échec de l’étatisme et du libéralisme. Non pas pour recommencer les erreurs du passé, en « interdisant » par exemple tout licenciement, au lieu de mettre en place une sécurité sociale professionnelle et une gestion prévisionnelle des emplois et des qualifications permettant à la communauté de travail, à tous les salariés, d’anticiper les mutations dans let de maîtriser une mobilité volontaire. Là encore la concertation de tous les acteurs de l’entreprise, du bassin d’emploi doit être privilégiée, même si des conflits surgissent souvent entre ouvriers, cadres et direction ; par contre le décret imposé d’en haut est toujours contourné, dès lors qu’il déclenche une spirale de méfiance réciproque et le repli sur le chacun pour soi.

Le salariat d’aujourd’hui n’est plus celui de 1936. Il s’est profondément diversifié et complexifié, les ouvriers ne représentent plus la majorité du salariat, ils sont profondément imbriqués avec le monde des employés, tandis que les travailleurs intellectuels (enseignants, professions de l’information et de la culture, ingénieurs, cadres) subissent à leur tour des formes nouvelles de prolétarisation sans s’identifier pour autant avec la classe ouvrière ; l’aspiration à l’autonomie dépasse aujourd’hui largement le seul milieu des cadres et met en question « l’autonomie contrôlée » du management participatif (autonomie dans l’organisation du travail, mais imposition d’en haut des normes de rendement). En revanche, la coopération et la construction de nouvelles solidarités sont plus complexes (par exemple entre sous-traitants et salariés de la maison mère) ; elles interpellent le mode de fonctionnement délégataire des organisations syndicales et politiques. L’heure n’est plus à « l’hégémonie » du groupe des ouvriers métallurgistes qui furent les pionniers des conventions collectives et de la protection sociale en 1936. L’alliance de classes aujourd’hui devra être multipolaire, décentralisée et contrôlée par les citoyens eux-mêmes.

(*) Dernier ouvrage paru : la Crise des deux socialismes. Éditions le Temps des Cerises, 2008.

jeudi 28 août 2008

Congrès 2008 : premières contributions du 88

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Voici le travail préparatoire du 88 pour la préparation du Congrès 2008 du Pcf.

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jeudi 22 mai 2008

Deux changements majeurs

d'Angélo

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Deux changements parmi d’autres Je voudrais pointer deux changements majeurs survenus dans ces 20 dernières années. Le premier concerne le travail. On ne comprend pas nos sociétés si on ne comprend pas les changements intervenus dans le travail et leurs conséquences. Le second est la question de la finance et son rapport avec l’économie et la société. Pour aller vite, je dirais que notre société n’est plus définissable comme société principalement industrielle mais comme une société de services. Une société de services produit encore des objets mais elle produit surtout des relations, des échanges, depuis la caissière d’Auchan, les services à personnes et les activités portuaires, les technologies d’information et de communications (TIC) sans compter sur tout ce qui est services dit publics. Bref 70% des populations actives sont des salariés des services qui représentent eux-mêmes près de 50% de l’activité économique. C’est donc une société de services qui est appelé à conduire l’historicité aussi bien du progrès social que de la forme capitaliste de l’économie et sa critique et non plus comme par le passé ce qu’on nommait la classe ouvrière industrielle et agricole qui produisait des biens. Or, une société de services c’est une société où la consommation tient une place de plus en plus importante. Un service c’est quelque chose qui est immédiatement consommable comme l’électricité, le savoir, ou l’échange. Ce qu’exporte le capitalisme, dans les pays de l’est et en Asie par exemple avec l’impact qu’on connait, (creusement de l’écart riches/pauvres) c’est des niveaux de consommations. C’est ce qui explique qu’on nous dit par exemple que c’est parce que le niveau de consommation des chinois s’est élevé que le monde est plongé dans la famine. Ce changement majeur dans la nature de la production a plusieurs conséquences.

Au niveau mondial de l’organisation de la production et du travail le capitalisme a mis en place et en concurrence des zones de productions industrielles et agricoles où la productivité et le travail obéissent aux deux principes fondamentaux du capital ; augmenter au maximum la productivité des biens et diminuer au maximum les coûts de cette productivité : l’Asie, l’Afrique et les anciens pays de l’est sont par le biais des délocalisations ces zones de productivité tendues chargées d’alimenter des zones de services et de consommations où le capital pourra dégager d’autant plus de plus values qu’il légitimera la baisse des masses salariales par l’illusion de la baisse des prix et la consommation de masse. En d’autres termes le capital dans cette configuration ne peut que maintenir dans l’exploitation des populations entières et des systèmes économiques régionaux tels que l’Asie, l’Afrique les pays de l’est au profit de régions entières de consommation à bas prix. Mais au niveau micro économique et social les conséquences ne sont pas moins évidentes. Puisque ce n’est plus par la quantité de biens produits, quantifiables et matérialisés que l’on va mesurer la productivité et donc la valeur travail c’est donc par l’étalon temps travail brut ou rentabilité brute dégagée que l’ont va mesurer la valeur du travail, le niveau des rémunérations et donc conséquemment qu’on détermine les niveaux de vie ; c’est le fameux travailler plus pour gagner plus du sarkozysme, la fin des 35 h, l’allongement de la durée de cotisation retraite, ou bien c’est aussi le discours libéral de droite ou de gauche sur la fameuse valeur-travail tout en le dévalorisant par sa précarisation et la fabrication de l’homme jetable. On voit bien que l’exploitation n’a pas disparu mais elle a changé de forme. Objectivement la classe existe même si la conscience de classe, qui ne peut être que le résultat du travail progressiste, n’existe pas encore . Le principe psychosocial de cette nouvelle exploitation c’est l’art de faire rêver les pauvres qu’on fabrique. D’où par exemple l’obligation de redéfinir la classe ouvrière à partir d’autres éléments que le seul critère de la nature et du secteur de la production, mais aussi par la formation, le service humain rendu par exemple. D’où aussi par exemple l’importance de la question de la pénibilité du travail qu’il faut absolument tenir parce que dans cette question se joue la reconnaissance d’un nouveau type de salariat imposé par le capitalisme. Ce qui est certain, et on l’a vu par exemple avec les mouvements sociaux dans la distribution ou dans les mouvements sociaux à l’est, c’est que le salariat de cette société de services n’a pas encore la conscience de classe telle que la classe ouvrière a pu l’avoir. On le voit au taux de syndicalisation dans les structures de production de services. Là, il y a à faire. Mais la société de service c’est aussi la société de consommation qui définit l’individu comme un consommateur d’abord ce qui estompe évidemment la notion de classe sociale . Le travail se mesure alors à la capacité de consommer, au niveau de consommation. Du coup on oublie qu’on est d’abord une personne et un salarié avant d’être un consommateur . Le capitalisme a fabriqué l’individualisme par la consommation et l’économie libidinale. Ca ouvre la porte à toutes les frustrations où on tue pour piquer la paire de godasse de marque ou le téléphone portable. Ca ouvre la porte à de nouveaux rapports sociaux basés sur l’individualisme du besoin individuel de consommer contre la reconnaissance du besoin collectif. C’est le monde sans âme du capitalisme où on voit comment la transformation des modes de production a entrainé la transformation des rapports sociaux.  Ca c’est un changement qui appelle la réflexion concrète pour définir le travail et le salariat.

Le second changement majeur est celui de la finance, j’entends non le pouvoir institué de l’argent et de sa circulation, mais celui de la finance actionnariale qui a pris le monde en otage. On ne s’imagine pas toutes les structures, les technologies et les réglementations qui depuis 1986, date de la déréglementation financière, ont contribué à sa domination. Ce qu’on mesure surtout, ce sont ses effets dévastateurs des économies, des sociétés, des rapports sociaux. Pour ne retenir que 2 chiffres : depuis deux décennies la croissance mondiale tourne à environ entre 3 et 5 %. Or la finance actionnariale réclame du 15 % au minimum. L’écart de 10% représente environ les 10 points perdus par les masses salariales en France et ailleurs au profit de l’actionnariat. Et au détriment des investissements et des R/D. Sans rentrer dans les débats techniques, je crois qu’il est impératif que la réflexion politique reprenne ses droits sur l’économique et avance des solutions alternatives. Il y en a, contrairement à ce que le discours veut nous faire croire et je souhaite que le congrès et la réflexion politique l’inscrive en bonne place dans son agenda, car tant qu’on ne s’en prend pas sérieusement à la finance on ne changera pas grand-chose. Je donne seulement sans les détailler quelques alternatives possibles aux changements survenus. Il y en a d’autres mais il faut faire bref. Le carburant essentiel de la finance actionnariale c’est le crédit, c'est-à-dire les liquidités financières et le loyer de l’argent, les taux d’intérêt. Ensuite institutionnellement, ce sont les structures financières et bancaires. Enfin c’est aussi la rémunération de l’argent qui affame l’économie. Pour chacune de ces catégories plusieurs mesures : 1) Dans le marché du crédit, le seul instrument de régulation c’est le taux de d’intérêt. Or c’est le même taux d’intérêt qui détermine le crédit à l’économie réelle et le crédit aux marchés des capitaux. Pourquoi alors ne pas dédoubler le taux d’intérêt, un pour les agents productifs soustrait des cotations boursières et qu’on peut baisser selon les besoins, l’autre aux agents spéculatifs qu’on peut relever selon le contexte. C’est le seul moyen d’affamer la bête actionnariale sans asphyxier l’économie réelle. 2) Restructurer le système bancaire. En accroissant le rôle des organismes de surveillance des activités bancaires déjà existant (la commission bancaire en France ou au niveau international le Comité de Bâle) ou en créant un service public de surveillance avec pouvoir pénal qui cloisonne pour chaque groupe bancaire les diverses activités (épargne, investissement, dépôt, affaires assurance). Le Titanic a coulé parce qu’il n’y avait qu’une seule cale : si on avait compartimenté la cale il n’aurait pas coulé. Dans le même ordre, instaurer une surveillance des agences de notations voire en faire des services publics parce que ce sont elles qui font monter la sauce spéculative. 3) Mettre un terme ou sérieusement limiter la titrisation c'est-à-dire la transformation à l’infini du crédit en titres côtés en bourse et surtout obliger les banques à les introduire dans leur bilans comme le prévoit la réglementation internationale de Bâle. 4) Moduler par la fiscalité la rente actionnariale, c'est-à-dire la plus value aussi bien au niveau de l’épargne collective que celle des fonds de pension et fonds mutuel parce que c’est elle qui rogne aussi bien les investissements que les R et D et les salaires. La moduler fiscalement en fonction de son investissement dans l’économie productive par une marge actionnariale limite autorisée. 5) Taxer les actifs financiers non matériels (les placements mobiliers et immobiliers) des entreprises largement sous imposés, après les avoir défini, comme cela avait été discuté au Sénat et au parlement en 2000/2001 (http://www.senat.fr/leg/ppl00-085.html) et que la taxe professionnelle n’a pas réalisé- l’argument habituellement opposé ici est la fuite des capitaux. Mais taxer ces actifs ne veut pas dire asphyxier la rente Il y a d’autres parades. Mais sans mettre celles-là en évidence, on ne peut rien faire. Evidemment cela implique la révision de la BCE et de la sacro sainte liberté de capitaux.

DEBAT SUR LE RASSEMBLEMENT

Marseille, le 16 mai 2008

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Dans le cadre de la préparation du Congrès de décembre, les communistes de l'axe organisent trois débats avant l'été. Le premier a eu lieu sur le thème du changement (un monde qui change ... un monde à changer). Le second se déroulera le 27 mai au 88,

– 27 mai : Dans un monde en mouvement, comment se rassembler pour résister et construire ?

Comme pour le premier débat, nous ferons un compte-rendu servant de contribution du 88 au Congrès, et tenterons de cibler les thèmes que nous souhaitons approfondir par la suite. Suivra enfin une dernière rencontre :

– 17 juin : Dans ce travail de rassemblement quelle place pour les partis et pour le PCF ?

Dans un monde en mouvement, comment se rassembler pour résister et construire ?

Pour aider à la préparation du débat du 27 mai, nous soumettons ce texte qui réunit quelques réflexions pouvant amorcer réflexions et débats.

Après le premier débat : « Un monde qui change … un monde à changer », se pose la question comment le changer ?

Comment concevons-nous le rassemblement et pourquoi faire ? Comment s’est-il construit ? Où ? A quel moment ? Sur quels sujets ? La gauche, la droite, les libéraux, les progressistes, les associations se rassemblent. Quelles similarités et différences ?

Dans le monde actuel, marqué par l'affrontement de nombreuses forces organisées, conscientes ou non (cf débat sur les changements récents dans le monde), diverses formes de rassemblements s'observent (des conservateurs, de forces de transformation sociales, de syndicats, d'organisations, de partis, réseaux, etc.). Ils peuvent se fonder sur une idéologie commune (libérale, radicale, écologique, etc), une action concrète ponctuelle (sans-papier, logements, précarité, racisme, etc), une lutte donnée (CPE, constitution, revendications européennes). Ils peuvent être ponctuels dans le temps, ou non, ils peuvent être localisés dans l'espace ou non (cf luttes syndicales européennes, luttes internationale contre les guerres, etc). Ainsi, la contestation du capitalisme et du libéralisme (souvent confondus à tord) est partagée par de nombreux groupes. Cette diversité est-elle une richesse ou un obstacle ? Et pourquoi cette diversité a-t-elle du mal à se traduire en des rassemblements à but politique ? (rejet du politique ?).

Construire l’unité contre la classe dominante, c’est en même temps construire l’unité de celles et ceux qui n’estiment pas être « dominés » ou « exploités » là où pourtant la domination s’exerce, là où la discrimination se fait jour. Entre territoires, catégories sociales, sexe, origine, culture.

Sécurité sociale, retraites, 35 heures tous les acquis sociaux sont attaqués dans le but de les faire disparaître. École, universités, services publics tout ce qui ne sert pas directement ou indirectement les intérêts à court terme du capitalisme financier est dans le collimateur des conservateurs et libéraux.

Devant ces évidences, tous les jours confirmées, il faut réagir, il faut rassembler. Les syndicats, les associations luttent pour ralentir ou arrêter (exemple la carte famille nombreuse) les réformes impopulaires et désastreuses pour toutes les couches de la population (même pour les classes moyennes), voire proposent même parfois de vraies mesures sortant du cadre du capitalisme (cf sécurité sociale professionnelle, etc.).

Pourquoi les acteurs du mouvement social, au-delà des questions légitimes d’indépendance, ne s’engagent pas dans les processus de construction de majorité politique ? Certains refusant même l’amorce d’un débat, compte tenu d’une vraie méfiance, pour ne pas dire d’une défiance à l’égard du politique.

Il y a une difficulté réelle, aujourd’hui, à construire une nouvelle conscience de classe face à l’intense bataille idéologique et à la réalité de la société qui créent à l’inverse toutes les conditions de division (voir les réformes actuelles), d’opposition de celles et ceux qui ont intérêt à mettre en cause le système.

En fait sont posées les questions de notre lisibilité et de notre utilité, mais aussi qui voulons-nous rassembler ? les forces politiques ? les citoyens ? comment travailler pour tisser des convergences ? Quels rassemblements et dans quelles conditions ? A qui notre discours doit-il s'adresser ? N’est ce pas sur le terrain de la bataille des idées et sur le terrain des luttes multiformes que l’on peut exprimer notre sensibilité, notre volonté de rassemblement ? Tout cela dans un contexte de forte recomposition politique et d’intense bataille idéologique avec une confusion entretenue par l’emploi des mêmes mots, des mêmes concepts, des mêmes valeurs par la droite et la gauche, pour brouiller les repères et les fondamentaux. La plupart des forces politiques, de droite comme de gauche, veulent recomposer le paysage politique pour rendre impossible toute idée de changement qui remette en cause la logique ultra libérale et par là même, permet de pérenniser le capital. Le PS est en situation délicate mais il faut être conscient qu’il trouve toujours des solutions pour se régénérer et notamment mettre deux fers au feu pour occuper un espace le plus large possible, du centre droit à la gauche du renoncement. La LCR joue objectivement le jeu de la bipolarisation en empêchant le développement des idées transformatrices dont nous sommes porteurs. Mais somme toute, les rapports entre formations politiques n’ont pas changé, la manière de fonctionner entre partis reste la même, les institutions actuelles déterminant souvent les rapports et les stratégies. Nous avons expérimenté différentes formes de rassemblements politiques : front populaire, 45/47, mai 68, programme commun, gauche plurielle, rassemblements antilibéraux ... Quels enseignements en tirer ? Le rassemblement est un passage obligé pour battre la droite. Comment dans les conditions d'aujourd'hui créer du nouveau pour permettre l'adhésion populaire à un projet de transformation radicale de la société basée sur l'émancipation humaine ?

Quelle doit être la place de la gauche dans cette perspective de transformation ? Divers appels à rassemblement s'expriment à gauche. Comment agir de concert ? Quelles doivent être les bases de rassemblements politiques et/ou de transformation sociale (vécus, contenus) ?




Enfin, un parti communiste plus fort n'est-il pas nécessaire au rassemblement ?

Contribution du collectif national sur le thème « Quelle conception du rassemblement? »

1. Rassembler, dans quel but ? La droite a un projet de société, Sarkozy parle même de projet de civilisation. Ce projet va à l’encontre des intérêts de la majorité du peuple de notre pays. Il va à l’encontre de coopérations internationales qu’il est nécessaire de bâtir dans l’intérêt des peuples et de la planète. En politique tout est question de rapport de forces. Le rassemblement doit donc se construire autour de contenus, d’un projet, de programmes et des valeurs qui unifient, qui trouvent des alternatives économiques au capitalisme, relient alternatives économiques et démocratie. C’est ce qu’il faut définir avec les femmes et les hommes concernés. Quelles réponses apportons-nous à l’ampleur de la question du projet : Où va l’humanité ? Où va la société ? Où vont les hommes et les femmes ? Nous avons une visée communiste, nous voulons changer la société, nous voulons dépasser le capitalisme. Mais simultanément comment construire avec les hommes et les femmes un projet de transformation sociale, un projet de changement qui a vocation à être majoritaire ? Les dernières élections ont montré un rejet de la droite. Emerge également l’idée que le clivage gauche – droite n’est pas aussi clair et franc que lors d’élections nationales. Sur quelles idées le clivage se fait ? Comment expliquer que dans certaines communes Sarkozy sorte victorieux à la présidentielle et qu’une liste de rassemblement bien identifiée à gauche, avec à sa tête un candidat communiste, face à une liste de droite, remporte l’élection avec un score beaucoup plus important que celui enregistré par la droite, neuf mois plus tôt ? 2. UNE STRATÉGIE GLOBALE OU DES STRATÉGIES ADAPTÉES EN FONCTION DES SUJETS ET DES OBJECTIFS ? LE PROCESSUS CONDUISANT AUX SUCCÈS EST EN GÉNÉRAL UNE DÉMARCHE DE LONGUE HALEINE. IL FAUT DU TEMPS POUR TRAVAILLER LE RASSEMBLEMENT OU DES RASSEMBLEMENTS. QUELLES DISPOSITIONS PRENONS-NOUS D’ORES ET DÉJÀ POUR CONSTRUIRE LA RIPOSTE À LA POLITIQUE DE LA DROITE, AVEC LES RÉFORMES ANTISOCIALES MISES EN ŒUVRE (RETRAITE, FISCALITÉ, CODE DU TRAVAIL ETC) ? COMMENT CONSTRUISONS-NOUS UN RASSEMBLEMENT POPULAIRE IMMÉDIAT PORTANT EN GERME LES CONDITIONS D’UN CHANGEMENT DURABLE ? DEVONS-NOUS RECHERCHER UNE STRATÉGIE GLOBALE, ALORS QUE L’OFFRE POLITIQUE DOIT ÊTRE DIFFÉRENTE POUR ÊTRE ADAPTÉE À UNE DEMANDE PRÉCISE, CONCRÈTE, MAIS VARIABLE, SUIVANT LES SCRUTINS ET LES INITIATIVES ? COMMENT CONSTRUIRE UN PROCESSUS DE RASSEMBLEMENTS SOLIDES AU QUOTIDIEN ET PAS SEULEMENT LORS D’UNE ÉLECTION OU D’UNE INITIATIVE D’ACTION ? LES LIMITES DES RASSEMBLEMENTS DÉPENDENT DE LA PERSPECTIVE. NOUS AVONS VU QUE RASSEMBLER AUTOUR DU NON AU TCE ÉTAIT DIFFÉRENT DU RASSEMBLEMENT LORS D’ÉLECTIONS. NE DEVRIONS-NOUS PAS MIEUX DÉFINIR QUI NOUS VOULONS RASSEMBLER EN FONCTION DES OBJECTIFS ? 3. Qui rassembler ? Nous limitons-nous seulement aux « opprimés », alors que nous voulons nous adresser à l’ensemble de la société ? Qu’entendons-nous par « opprimés » ? Ne devrions-nous pas parler de « dominés », ce qui serait plus cohérent avec notre visée de construire un monde sans dominations ? Nous voulons mettre en commun tout ce qui peut apporter aux individus. Pour cela nous cherchons à rassembler les femmes et les hommes qui souffrent de la précarité, du mal vivre, de l’insécurité sociale. Nous cherchons à rassembler avant tout des hommes et des femmes unis par le sort que le système impose, ceux et celles qui ont une volonté commune de mieux vivre ensemble, parce qu’ils l’ont défini et jugé nécessaire, possible, donc atteignable. AINSI COMMENT DÉPASSER LES DISCOURS, LES ENGAGEMENTS, LES RÉSOLUTIONS SANS MISE EN ŒUVRE ET AIDER LES HOMMES ET LES FEMMES À CONSTRUIRE ENSEMBLE UN PROJET DE SOCIÉTÉ, DANS LE RESPECT DES UNS ET DES AUTRES, LES AIDER À CE QU’ILS ET ELLES SE DONNENT LES MOYENS DE LEUR AMBITION ET DE LEUR ACTION ? QUELS EXEMPLES AVONS-NOUS ? Ne limitons-nous pas trop souvent, ou ne nous pousse-t-on pas sans cesse à penser les rassemblements en terme d’alliances de certaines forces politiques avec une sorte de « schizophrénie » à choisir entre une gauche sociale libérale et une gauche dite radicale ? Parfois des alliances entre organisations sont nécessaires, car unies, elles peuvent donner une impulsion, une invitation à se rassembler. Dans ce cadre quel rôle doivent avoir les forces politiques dans ces alliances ? Comment devons-nous gérer et assumer notre choix et notre volonté de rassembler les hommes et les femmes et de nous allier sans tomber dans un consensus mou, sans esquiver les sujets de fond qui différencient les forces politiques à gauche, en rendant acteurs les citoyennes et les citoyens ? 4. RASSEMBLER : UN OBJECTIF, UNE STRATÉGIE, UNE DÉMARCHE, UNE IDENTITÉ RASSEMBLER, C’EST DONNER UN SENS POLITIQUE À L’ESPRIT DE RÉSISTANCE, DE RÉVOLTE, C’EST CONSTRUIRE UNE OU DES MAJORITÉS POUR UNE AUTRE LOGIQUE QUE CELLE QUE NOUS SUBISSONS. POUR CELA NOUS CHERCHONS À FAIRE ÉMERGER LA CITOYENNETÉ, LA DÉMOCRATIE. LES HOMMES ET LES FEMMES, LEUR ASSOCIATION, LEUR IMPLICATION SONT LA CLÉ DU RASSEMBLEMENT. CELLES ET CEUX QUI ASPIRENT À UN CHANGEMENT DE POLITIQUE, POUR VIVRE MIEUX. CELLES ET CEUX QUI ONT À CŒUR DE PARTICIPER À L’ÉLABORATION DE CHOIX CONFORMES À LEURS INTÉRÊTS, À L’INTÉRÊT GÉNÉRAL. ENCORE FAUT-IL BIEN S’ENTENDRE SUR LA DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE, CONCEPT QUE BEAUCOUP UTILISENT SANS Y METTRE TOUS LE MÊME SENS ? POURQUOI NE PAS PARLER DE DÉMARCHE CITOYENNE, QUI IMPLIQUE DE GROS EFFORTS D’ÉDUCATION POPULAIRE ? ON PARLE DE PROXIMITÉ, MAIS POUR QUOI FAIRE ? COMMENT DIALOGUONS-NOUS AVEC LE PEUPLE POUR COMPRENDRE ET RÉPONDRE À SES EXIGENCES ET SES PRÉOCCUPATIONS ? COMMENT SOMMES-NOUS PARTIE PRENANTE DE LA CONSTRUCTION D’UNE ALTERNATIVE À GAUCHE ? NE CHERCHONS-NOUS PAS À VOULOIR TOUT DÉFINIR, LE CADRE, LE CONTENU, LES VALEURS AU POINT D’ÊTRE PARFOIS PERÇUS COMME CHERCHANT À RASSEMBLER AUTOUR DE NOUS ? ENTRE BASISME ET DIRIGISME, COMMENT TROUVER UNE PRATIQUE EFFICACE ? RESPONSABLE SIGNIFIE APPORTER DES RÉPONSES, MAIS COMMENT APPORTONS-NOUS DES RÉPONSES SANS APPARAÎTRE COMME « L’AVANT-GARDE » QUI DÉFINIT TOUT À LA PLACE DES CITOYENNES ET DES CITOYENS ? DES COMMUNISTES PARTIE PRENANT DU PROCESSUS DE CONSTRUCTION DU RASSEMBLEMENT N’APPARAÎTRAIENT-ILS PAS PLUS EFFICACES ET UTILES ? CETTE DÉMARCHE NE POUVANT SE FAIRE SANS NOURRIR UNE BATAILLE IDÉOLOGIQUE INTENSE POUR SORTIR DE LA RÉSIGNATION, DU RENONCEMENT, DE LA FATALITÉ ET DE L’ACCEPTATION DE RECULS DE CIVILISATION, COMMENT FAIRE ÉMERGER PAR L’ÉDUCATION POPULAIRE, UNE PERSPECTIVE DE CHANGEMENT AVEC NOTRE PEUPLE ? 5. LES FUTURES ÉCHÉANCES EUROPÉENNES ET RÉGIONALES AU-DELÀ DE LA RIPOSTE QUE NOUS TENTONS D’ORGANISER AU QUOTIDIEN ET QUE NOUS DEVONS ÉLARGIR, IL NOUS FAUT DÈS À PRÉSENT RÉFLÉCHIR ET CONFRONTER NOS POINTS DE VUE SUR LES PROCHAINES ÉCHÉANCES ÉLECTORALES. QUELLE SERA NOTRE STRATÉGIE, AVEC QUI ET SUR QUEL CONTENU ? Pour les européennes, nous commencerons à réfléchir à notre stratégie, à notre démarche, aux listes au moment où Nicolas Sarkozy assurera la Présidence de l’Union européenne. S’appuyant sur la baisse nette de sa popularité, sur la dangerosité de sa politique en France et pour le rôle de la France dans le monde, une politique qu’il ne manquera pas de transposer au plan européen et fort du référendum de 2005 sur le TCE et de son rejet par une majorité d’électrices et d’électeurs français, n’y a t-il pas à prendre en compte ces différents éléments pour construire un rassemblement citoyen majoritaire pour une Europe démocratique et de progrès social ? Pour les deux élections, avant de définir notre stratégie, nous devons tirer les enseignements des différentes stratégies que nous avons mises en œuvre lors des précédentes élections en 2004 dans tout le pays et mesurer le rôle joué par les communistes élus depuis.

LES COMMUNISTES DE L'AXE CHAVE

mercredi 7 mai 2008

Un monde qui change … un monde à changer

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Marseille, le 2 mai 2008

Un monde qui change … un monde à changer

L’organisation de nos sociétés semble connaître à la fois des bouleversements profonds en quelques dizaines d’années, tout en respectant certaines logiques ancrées (rapports de production capitaliste, échanges commerciaux et financiers libéraux, démocratie représentative, consommation, etc.). Le monde a toujours été en mouvement, dans un mouvement souvent dicté par les dominations du moment. Dans le cadre de la préparation du Congrès, le 88 propose de consacrer la première des trois rencontres de mai-juin sur le thème :

Mardi 13 mai, 18h30 au 88 : Un monde qui change ... un monde à changer

Nous ferons un compte-rendu du débat dans le cadre de la contribution du 88 au Congrès, et tenterons de cibler les thèmes que nous souhaitons approfondir par la suite. Suivront deux autres rencontres :

27 mai : Dans un monde en mouvement, comment se rassembler pour résister et construire ? 17 juin : Dans ce travail de rassemblement quelle place pour les partis et pour le PCF ?

Afin de proposer des pistes de réflexion pour le premier débat, nous vous proposons quelques thèmes qui nous paraissent les plus saillants. Cette liste n'est pas exhaustive et ne prétend pas cadrer le débat du 13 mai. Elle ne constitue pas non plus le point de départ du débat. Elle réunit juste quelques réflexions pouvant amorcer réflexions et débats.

1.financiarisation de l’économie et libéralisation des flux financiers. Les logiques financières l’emportent sur celles de l’économie productive. Pour cela, les échanges financiers sont libéralisés (taxes faibles ou inexistantes sur les transactions) et instantanés grâce aux communications numériques et nouvelles réglementations. Les décisions économiques se concentrent désormais plus dans les mains des grandes institutions financières (que dans celles de l’économie productive ou des états) et avec très peu de garde-fou (cf la crise des subprimes et la spéculation sur les matières alimentaires). En outre, grâce à divers jeux financiers (paradis fiscaux, etc) et à une internationalisation accentuée de leur capital, les grandes entreprises échappent de plus en plus à l’impôt récolté nationalement et contournent les restrictions qui pourraient être mises en place par les populations par leur seul pouvoir démocratique national. La concentration des centres de décision peut-elle permettre un pouvoir du peuple sur la finance ?

2.libéralisation des échanges commerciaux, mondialisation de la production. Suivant la stratégie des institutions internationales (FMI, OMC, UE) et des états (qui les dirigent en fait aussi), les restrictions au commerce mondial tombent une à une, les productions se délocalisent, mettant les travailleurs toujours plus en concurrence, de façon étonnamment similaire au XIXème siècle (cf K. Marx). La nouveauté de cette nouvelle mondialisation extrême réside dans les nouvelles communications instantanées et dans les transports peu chers (mais sans prise en compte des coûts écologiques). En conséquence directe : l’appauvrissement spectaculaire des classes moyennes des pays développés, le développement de la pauvreté dans les pays développés (travailleurs pauvres et précaires), l’amélioration relative des conditions de vie dans certains pays. En parallèle, cette mondialisation s’accommode de la stagnation des pays les plus pauvres extrêmement sensibles à la moindre crise (avec une mortalité toujours très importante liée à la faim, une eau non potable, des maladies pourtant curables). La majorité des transactions commerciales entre les pays occidentaux et les pays émergeant sont le fait d’entreprises occidentales. Les logiques de classes (au niveau international) apparaissent ainsi toujours plus pertinentes que les oppositions nationales.

3.révolution informationnelle et propriété intellectuelle : avec les « nouvelles technologies de la communication », l’information se diffuse à grande vitesse, la connaissance se partage, certaines œuvres intellectuelles s'échangent gratuitement (mais pas forcément légalement). Dans un capitalisme où les coûts intellectuels (conception, marketing, etc) deviennent dominants, la « gratuité » du partage de l’information est potentiellement révolutionnaire (cf S. Zizek) et nourrit la réaction de certaines forces capitalistes pour affirmer la propriété intellectuelle en termes commerciaux (cf loi DAVSI). La course de vitesse sur la propriété intellectuelle se retrouve aussi sur l’enjeu des OGM qui se révèlent plus un moyen de contrôler et taxer la production qu’un moyen d’augmenter les rendements. L’information prend une place de plus en plus centrale dans nos économies. On assiste à une redéfinition des rapports de classes avec des classes ayant accès à l’information, la création, la connaissance et en conséquence bien rémunérées, des classes productives peu qualifiées et très peu payées et une forte diminution des classes moyennes (cf J. Rifkin, N. Klein et rapports de l’OCDE.

4.individualisme et individualisation, tradition et modernité : la modernité des lumières prétendait émanciper l’homme des traditions, la « post » ou « hyper » modernité récente prétend émanciper l’homme des logiques collectives pour l’amener dans un individualisme assumé, revendiqué et valorisé. La valorisation de l’individu est omniprésente (publicité, cinéma, etc.), la participation active de chacun valorisée (jusque dans les nouveaux types de jeux vidéo ou dans les publicités désormais ciblées personnellement). Dans le même temps, des logiques de contrôle des individus sont à l’œuvre : contrôle des médias, management et politique de type « storytelling » (raconter des histoires)(cf C. Salmon), publicité omniprésente. Au résultat la pluralité des individus est strictement encadrée voire manipulée et instrumentalisée. De plus, dans les discours valorisant ce type de liberté, on trouve souvent la confusion (consciente ou non ?) entre liberté et autonomie, ou entre liberté conçue comme indépendance et liberté conçue comme autonomie. Dans le mouvement de mai 68, l’aspiration à la liberté individuelle était aussi affirmée, mais sans contradiction, du moins dans le discours, avec les solidarités et comportements collectifs. La libération et l’épanouissement de chacun pouvant être la condition de l’émancipation de tous.

5.nouvelles formes de domination et empire. Les logiques nationalistes et la xénophobie progressent, et pas seulement dans le monde occidental en panne de perspective de développement. Cependant, une nouvelle forme de domination se met en place indépendamment des nationalités. On voit apparaître une nouvelle classe dans tous les pays, qui profite de la mondialisation, qui participe à sa construction, qui a uniformisé ses codes sociaux et culturels. Elle véhicule un discours dit « libéral » prônant un capitalisme toujours en mutation (pour mieux détruire les acquis sociaux ou les « privilèges ») et une démocratie politique nationale (de facto sans pouvoir sur l’économie internationale). Ce discours est diffusé par de nombreux réseaux (médias, culture, gestion humaine, etc.) formant une pensée unique qui se prétend sans contradiction, irréfutable au sens scientifique, voire « naturelle » (cf abus de ce terme dans le discours ambiant). Il sert une nouvelle forme d’organisation de la société sans opposition entre nations, un discours à vocation universelle qui englobe le réel dans son ensemble, un « empire » (cf T. Negri) qui avance sans jamais réellement se définir.

6.nouvelles formes de domination et luttes des classes. L’opposition entre groupes bien constitués des sociétés reste d’actualité (cf M. M. Pinçon-Charlot). Illustration récente : le renflouement par les agences publiques des instituions financières privées suite à leur prise de risque inconsidéré, tandis que l’argent n’est distribué que chichement aux salariés ou pays du tiers-monde. Les classes ont néanmoins évolué : diminution de la conscience de classe (qui ne contredit pas leur existence), apparition de nouvelles classes précarisés, effondrement du niveau de vie des classes moyennes, affaiblissement du niveau de vie des classes ouvrières, contradiction des positions sociales comme le fait que certains salariés investissent dans la spéculation boursière qui fait elle-même pression sur l’emploi et les salaires (et participant à la diminution de la conscience de classe, « je suis actionnaire, moi »). Ces évolutions devrait permettre une redéfinition d’un discours unificateur.

7.Démocratie représentative, consommation de la politique, internationalisation. La démocratie se résume dans le discours ambiant au seul droit de vote, lors de désignation de « représentants ». Ces derniers conçoivent leur campagne avec les mêmes outils marketing et les mêmes conseillers en communication que pour les produits de consommation (cf N. Sarkozy et S. Royal). S. Royal prétend faire participer les citoyens à son programme, mais de préférence sur l’inessentiel comme les marques orientent leurs nouvelles formes de publicités sur les choix (préférentiellement inessentiels) des consommateurs. S’ensuit une politique plus axée sur la communication que sur le débat. S’ensuivent aussi des logiques de consommation de la politique par les citoyens (s’investissant ponctuellement, sur des sujets qui leur sont proches, en recherchant l’immédiateté). Face à cette crise de la démocratie représentative, quelle nouvelle forme de démocratie promouvoir ? Enfin, le pouvoir économique et financier s’internationalisant tandis que le pouvoir démocratique reste essentiellement national, quels nouveaux pouvoirs revendiquer ?

8.Espoir et désespoir, débat et consensus. On constate un affadissement de l’opposition idéologique, le refus du conflit (cf N. Chomsky) pour promouvoir un discours sans véritables enjeux de fond, sans perspective de changement à l’échelle globale, un changement juste à la marge. La social-démocratie est en crise, ne permettant ni de changer les logiques libérales, ni de rassembler autour de l’espoir d’un changement (cf. P. Cohen-Séat, R. Martelli). Ainsi elle ne prétend plus changer l’économie, tout juste améliorer le social et se focalise sur le sociétal. Les conservateurs et libéraux ne présentent la réduction des logiques collectives que comme « nécessaires » ou « naturelles ». Face à ce manque de perspective de changement global et d’espoir d’amélioration collective, le repli sur soi et la peur de l’autre se renforcent. La montée des extrêmes droites dans toute l’Europe, des logiques sécuritaires et des nationalismes dans le monde, en sont des symptômes. Comment faire valoir des débats de fond, sans refus de l’affrontement, tout en restant dans une perspective de construction commune nécessitant de dégager des logiques majoritaires ?

9.Immédiateté. Que ce soit par Internet, la recherche de la connectivité permanente (téléphone portable, internet 3G, etc.), par la consommation de l’information, par la recherche de plaisirs immédiats, les transferts instantanés d’information, de documents, de sons et d’images, nous nous orientons vers une société marquée par l’immédiateté et le renouveau permanent. Ces derniers répondent à la fois à une évolution des mentalités mais aussi à des logiques commerciales faisant de la consommation une perpétuelle source de nouveauté factice (G. Lipovetsky). L'immédiateté engendre un manque de recul,un manque de réflexion.

10.Massification de l’enseignement. L’enseignement se généralise, les nouvelles générations intègrent plus massivement l’enseignement supérieur. Cette intégration ne se fait peut-être pas à niveau constant, mais la moyenne de la population acquière un bagage de connaissances conséquent, et une autonomie renforcée ( bien souvent non pris en compte pour la recherche d'un emploi). Comment le lier à une nouvelle façon de faire de la politique ?

11.Culture des élites et divertissement de masse. La culture se diffuse massivement par de nombreux canaux et d’autant plus facilement quand on est en possession d’un capital culturel (P. Bourdieu). La culture de masse (télévision, cinéma, livres, musiques) semble le plus souvent remplir le rôle de divertissement (le temps de cerveau disponible pour mieux consommer ?). En parallèle, le journalisme dominant, souvent de connivence avec les pouvoirs politiques et économiques (cf S. Halimi), s’oriente vers les logiques de spectacle et d’immédiateté, ne permettant le plus souvent pas de centrer le débat sur les enjeux globaux. On pourrait parler de baisse de niveau des élites (politiques, journalistes, auteurs, etc.) dans leur discours à destination de la majorité.

Pour aller plus loin ...

No Logo, Naomi Klein

Selon elle, la mondialisation a permis de faire passer la production au dernier plan en la reléguant au niveau de sous-traitance dans les zones franches des pays du Sud notamment. Les entreprises ont donc pu investir dans le marketing, c'est-à-dire investir non pas dans le produit, mais dans son nom. Elle avance que le déplacement de la production au dernier rang de la chaîne économique a conduit à des coupes d'effectifs dans les pays industrialisés au profit d'emplois précaires. Elle considère que l'augmentation de l'investissement dans le marketing et le processus de concentration des grandes entreprises dépossèdent les consommateurs de choix. Elle pousse la réflexion jusqu'à parler de la dépossession du bien commun au profit de l'entreprise privée. À la fin de son ouvrage, Naomi Klein indique que les marques fonctionnent comme des métaphores du système économique.

Manufacturing Consent: Noam Chomsky and the media (La Fabrication du Consentement)

« Dans un Etat totalitaire, ce que le gens pensent importe peu parce que le gouvernement peut contrôler les gens par la force de la matraque. Mais quand on ne peut plus contrôler par la force, il faut contrôler la pensée. Pour se faire, la manière habituelle est d'utiliser la propagande (la fabrication du consentement, la création d'illusions dites nécessaires), de marginaliser le public ou de les réduire à l'apathie. » « Si vous voulez comprendre comment une société donnée fonctionne, vous devez comprendre qui prend les décisions qui déterminent ce fonctionnement. Aux Etats-Unis, les décisions majeures sur ce qui se passe dans la société (investissements, production, districution etc.) sont dans les mains d'un réseau relativement concentré de grandes corporations, conglomérats et d'organismes de placement. Ce sont eux aussi qui occupent les places majeures au niveau de l'exécutif dans le gouvernement, et ce sont eux qui possèdent les media, et sont en mesure de prendre les décisions. Ils ont un rôle dominant écrasant dans la vie de la société et ce qu'on y fait. »

J. Rifkin

Son livre La Fin du travail, (End of Work) paru en 1995 à New York, est un best-seller aux États-Unis avant de rencontrer le même succès en Europe avec sa traduction l'année suivante. Pour lui, l'ère industrielle fondée sur le travail humain de masse s'achève. L'ère de l'information lui succède, avec beaucoup d'emplois très qualifiés et bien rémunérés, mais aussi beaucoup d'emplois peu qualifiés et peu payés. Disparaissent les emplois moyens de la classe moyenne. Dans ces conditions, Rifkin recommande de développer un tiers-secteur, puisque le secteur marchand ne suffit plus à occuper tous les demandeurs d'emplois et que le secteur public est voué à s'alléger sans cesse pour ne pas handicaper la compétitivité des économies. Ce tiers-secteur correspond au secteur de l'économie sociale (associations, ONG). En tout état de cause, le progrès technique et la mondialisation ne permettront pas d'assurer le plein-emploi.

Les communistes de l'axe Chave

samedi 16 février 2008

Il ne suffit pas de vouloir pour être libre…

Le Sénat a donc autorisé certains secteurs à travailler le dimanche. Soit ! L’argument communément avancé en faveur du « travailler plus » version dominicale est qu’il existe des travailleurs volontaires pour cela. Re-soit !

Juste une remarque en passant : il y avait également des volontaires pour le STO pendant la dernière guerre mondiale. Et alors ?Alors, cela devrait au moins nous alerter sur ce que sait tout élève étudiant la philosophie : il ne suffit pas de vouloir pour être libre, car on peut conditionner la volonté qui dit « je veux ! ».

Je voudrais, pour les besoins de la démonstration, raconter ici une anecdote personnelle : Lorsque ma deuxième fille eut quatre ans, je me demandai comment lui faciliter son premier jour d’école. Pour ceux qui ne voient pas de quoi je parle, allez vous promener du côté d’une école maternelle le jour de la rentrée : beaucoup de pleurs, de cris. Des enfants tentent de s’enfuir, les assistantes maternelles plaquent les déserteurs tandis que les pleurs des mamans derrière les carreaux répondent à ceux de leur petit de l’autre coté. Bien sûr, pour certains enfants tout se passe bien, mais la rupture est, pour certains, vécue comme une déchirure.

Les choses s’étant bien passées pour mon aînée, je me demandai néanmoins comment assurer le coup pour la cadette.

Je me souviens alors de la manipulation (honteuse ? vous en jugerez) à laquelle je me suis livré : Une belle matinée de juin, j’ai dit à ma fille : « Viens, on va se promener ! » Elle mit alors sa petite main dans la mienne et nous partîmes plein d’enthousiasme en balade. Comme je suis un fourbe, je me dirigeai vers l’école de sa soeur aînée et, comme je suis un malin, je me débrouillai pour que nous y arrivions à l’heure de la récréation ! Passant tous deux devant les grilles de l’école, la main de ma fille dans la mienne, je passai imperturbable devant cette cour pleine de bruits et de jeux. Premier coup d’arrêt du bout de choux me tirant le bras : « Qu’est-ce que c’est, papa ? » Moi, sans un regard pour ce lieu intrigant : « Rien, c’est l’école » et je continuai. Deuxième coup d’arrêt de la future écolière de quatre ans : « Mais, qu’est-ce qu’ils font ? » Moi : « Ben, tu vois, ils jouent. » Je fis alors deux pas et portai enfin l’estocade : « Mais tu es encore trop petite, tu ne peux pas y aller ! »

À la rentrée suivante, ma fille était, le matin du jour J, dans les starting-blocks, son petit cartable sur le dos et elle est partie en courant à son école !

J’anticipe les commentaires que suscitera cette histoire : la question n’est pas de savoir si je fus un mauvais père doublé d’un triste sire (ou l’inverse). Il ne s’agit pas de savoir si j’ai eu raison (sans rentrer dans le débat, que l’on sache que j’assume et que ma réponse est encore, aujourd’hui, oui !), mais de savoir si l’on peut vouloir et, cependant, être manipulé. Force est de reconnaître que la réponse est oui.

Ma fille voulait-elle aller à l’école ? Oui. Était-elle libre ? Non. J’ai, pour son bien (enfin, ce qui me semblait tel, moi, son père), manipulé mon enfant (comme Marie-Madeleine, j’attends que les purs me jettent la première pierre).

Bien sûr, vous pouvez tenter l’expérience avec un collégien ou un lycéen, mais elle est vouée à l’échec. Promenez-vous avec un jeune d’une quinzaine d’années (ne comptez pas le tenir par la main) aux abords d’un lycée à l’heure de la récré. Vous ne l’aurez pas ! Il ne sait que trop bien que l’école n’est pas que rires et jeux.

Reste que cela ne prouve pas qu’on est libre à quinze ans, mais seulement qu’il y a des manipulations pour chaque âges.

Quel rapport avec le travail du dimanche ?

J’aimerais être sûr que cet acte volontaire est réellement libre ! Or, il me semble que la manipulation-conditionnement existe, là aussi.

Il est difficile de ne pas vouloir gagner plus lorsque ce que l’on gagne ne suffit pas. Celui qui prend le salarié et l’emmène rôder devant les magasins le dimanche a pris le soin de ne pas payer le travail de la semaine à son juste prix (comment est-il possible qu’existe une nouvelle catégorie sociale : le travailleur pauvre ?) ou bien il a développé le travail à temps partiel qui s’accompagne forcément d’un salaire, lui aussi, partiel, ne suffisant pas, par définition !

Je ne nie pas que certains d’entre nous veuillent librement travailler le dimanche. On peut ne pas être attaché à ce dernier et choisir joyeusement de l’échanger contre un jour de repos dans la semaine avec, en prime, plus d’argent pour un même temps de travail.

C’est, en général, à ce moment-là, que l’on parle de l’étudiant volontaire pour le travail dominical. Pourquoi pas ? Mais, là aussi, on doit se demander comment il se fait qu’un étudiant doive travailler pour se payer ses études ? On écoutera avec attention les bénévoles des Restos du coeur pointant une nouvelle catégorie de bénéficiaires (inconnue il y a peu) : les étudiants !

Il y a donc un risque de manipulation de la mère de famille à temps partiel, comme pour l’étudiant à la misérable bourse. Volontaires autant qu’on pouvait l’être en 1942, lorsqu’on allait travailler en Allemagne pour faire revenir un prisonnier de guerre. On sait ce qu’il en advînt…

J’anticipe une critique : on pourrait effectivement tenter de dire que je suis mal placé pour dénoncer ces manipulations, moi qui l’ai fait pour le bien de la chair de ma chair !

J’invite ceux qui seraient tentés par cette manoeuvre à réfléchir à la différence qu’il y a entre un enfant de quatre ans et un citoyen. Il n’y a pas plus de différence que pour celui qui se prend pour le (petit) père du peuple ou le (grand) timonier. On sait aussi ce qu’il en advînt, là aussi…

Bref, si vouloir est nécessaire pour être libre, cela n’est pas suffisant, comme le gouvernement fait semblant de l’ignorer.

À l’instant même où je termine cet article, j’apprends que les salariés de Continental à Sarreguemines viennent de voter le retour aux 40 heures. Interviewé, à la sortie du référendum, un salarié déclarait : « C’était ça ou on n’en avait plus pour longtemps. » Eux aussi sont volontaires…

mardi 6 novembre 2007

Réformer la cotisation sociale ?

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Par Lilian Brissaud et Raphaël Thaller, docteurs en économie ; Alphonse Fernandez, ingénieur ; Philippe Bertannier, ergonome ; Alan Loffreda, syndicaliste.

Le système de financement de la protection sociale (retraite, santé, chômage) serait-il en crise ? Concernant les retraites, les propositions communistes - voir le supplément de l’Humanité du 6 juin - sont présentées comme " alternatives " au projet gouvernemental de réforme des retraites et appellent à une " refonte globale du financement de notre système de retraite par répartition ". L’idée répandue, selon laquelle il faudrait " réformer les retraites " si l’on veut les sauver, est confortée. Une autre réforme que la réforme Fillon, certes, mais une réforme tout de même. La " réforme structurelle la plus importante " propose l’introduction d’une " modulation des cotisations sociales patronales " en fonction d’un ratio " salaire/valeur ajoutée globale ". Ce ratio étant supposé désigner les entreprises développant " les salaires, la formation et l’emploi " afin de les favoriser, " tandis que seraient pénalisées celles qui préfèrent investir contre l’emploi ". Cette tribune libre se veut contribution pour réfléchir, construire et agir ensemble.

Notre critique aura pour objet de réaffirmer la validité du système de la cotisation sociale, dont les " difficultés " invoquées par le gouvernement pour le réformer sont en réalité dues aux reculs imposés au salariat.

1. La cotisation sociale, partie intégrante du salaire.

Un employeur fait deux versements, l’un au salarié qu’il emploie - le salaire direct, composante individuelle ou salaire net au bas de la feuille de paye - l’autre aux caisses de Sécurité sociale - ASSEDIC, retraite - sous forme de cotisations sociales proportionnelles au salaire direct : c’est la composante collective, le salaire indirect. Salaire direct et salaire indirect constituent un tout : le salaire socialisé. Le salaire socialisé permet la reconnaissance sociale de toutes les situations des travailleurs, qu’ils soient actifs, chômeurs, retraités, tous font partie de la population des salariés, le chômeur indemnisé étant ainsi un salarié demandeur d’emploi, le retraité, un salarié pensionné. La cotisation sociale fait donc partie intégrante du salaire. Réduire la cotisation sociale, sous prétexte de soulager les " charges " de l’entreprise, c’est réduire le salaire. Elle n’est pas un prélèvement ou une charge, ni un impôt, ni une taxe, ni une épargne, ni une assurance mais du salaire. Salaire défini en référence à un barème, un tarif négocié au sein des conventions collectives, basé sur une grille de qualification et non pas sur une mesure de la productivité du travail, et encore moins sur les résultats de l’entreprise. Cette cotisation sociale, répartie entre la part du salarié et la part dite patronale, représente 40 % du salaire socialisé. Versée aux caisses, elle est immédiatement transformée en prestations sociales. Elle établit clairement le fait qu’à chaque instant, les actifs produisent la valeur qui finance la protection sociale, dont les retraites. C’est donc le salaire socialisé qui, en France, finance la protection sociale. Le financement de la protection sociale par la cotisation sociale a prouvé son efficacité et c’est pourquoi la classe dominante veut l’abattre. La retraite par répartition qu’elle induit est révolutionnaire car elle démontre l’inutilité de l’accumulation financière pour financer les pensions.

2. Pour un partage de la valeur ajoutée plus favorable aux salariés.

Dans une entreprise, les richesses créées par le travail des salariés actifs apparaissent comptablement dans la valeur ajoutée. Pour l’essentiel, celle-ci se ventile entre les salaires directs, les cotisations sociales, l’amortissement des investissements, le profit non investi et distribué aux actionnaires sous forme de revenus financiers. Malheureusement, le rapport de force défavorable de ces vingt dernières années a conduit à un résultat édifiant : la part des profits dans les richesses produites est passée de 28 % à 36 %, les salaires ont suivi le chemin inverse, passant de 72 % à 64 %. D’où un déplacement de 8 points du partage de la valeur ajoutée en défaveur du travail. Ces 8 points, représentant chaque année l’équivalent de 120 milliards d’euros, ont littéralement changé de main, passant de la sphère salariale à celle du profit. Ils se retrouvent, non pas dans les investissements, mais dans les revenus distribués, alimentant la bulle financière et créant précisément les conditions des fameuses limites que, de toutes parts, on invoque pour expliquer l’obsolescence de la cotisation sociale.

Il ne faut pas chercher plus loin la cause des problèmes de financement de la protection sociale, dont les retraites, qui ne rencontre pas d’autres limites que celles qui lui sont imposées par le recul salarial.

De fait, la retraite par répartition n’a pas besoin d’être " réformée ", mais défendue : actualiser la part patronale de la cotisation sociale qui n’a pas bougé depuis 1979, augmenter la part des salaires dans la valeur ajoutée au détriment des profits.

3. Moduler la cotisation sociale ?

La réforme préconisée propose de " moduler " la cotisation patronale en la calculant, pour une moitié, en fonction du ratio " salaire/valeur ajoutée globale (VA) ", l’autre moitié demeurant comme aujourd’hui fondée sur le salaire direct : " c’est la réforme structurelle la plus importante ". Peser sur la politique des entreprises en matière d’emploi et de salaire est une volonté que l’on partage sans ambiguïté. Que l’instrument choisi pour cela soit précisément la cotisation sociale, c’est-à-dire le salaire - et qui plus est au moyen de sa modulation - voilà qui est une autre affaire, dont on se demande si les auteurs de ladite proposition ont bien mesuré tous les tenants et aboutissants. La cotisation sociale serait-elle considérée comme une charge, mauvaise pour l’emploi ? Une baisse du coût du travail serait-elle la voie royale de la création d’emplois ? Le MEDEF en sourit déjà d’aise. Prenons un exemple simple : supposons qu’une entreprise augmente ses emplois et ses salaires de telle sorte que, dans l’immédiat, son ratio salaire/VA augmente. Elle aurait droit alors à une diminution de ses cotisations ! Mais n’est-ce pas ce que cherche le patronat : être exonéré de " charges sociales " au motif de la création d’emplois, de l’insertion ou de la formation ; ou encore compenser la hausse des salaires directs par la baisse des salaires indirects ? Veut-on faire du salaire socialisé une variable d’ajustement en le rendant dépendant des résultats des entreprises ? Il en résulterait un transfert progressif sur le salarié des risques inhérents à l’activité économique, alors qu’il n’a aucune responsabilité dans la stratégie et la politique de l’entreprise ! Ce serait la rupture avec la garantie statutaire constitutive du salariat.

La réforme préconisée veut illustrer la pertinence de la modulation en évoquant le handicap que représenteraient les cotisations sociales pour les entreprises de main d’ouvre. Or, ces dernières ne sont pas plus pénalisées par le salaire socialisé que les autres. Pour illustration, les entreprises hautement automatisées paient certes moins de main-d’ouvre directe, mais elles achètent en revanche davantage de machines - ou de services extérieurs tels que la maintenance -, elles-mêmes fabriquées par de la main-d’ouvre, payée par le salaire. Ces entreprises paient donc aussi du salaire : directement, celui de leurs propres travailleurs, indirectement celui des travailleurs qui ont fabriqué les équipements et assuré les prestations de service. Elles sont finalement autant concernées que les autres par le coût du travail, car, de fait, tout est issu intégralement du travail.

En réalité, ce qui différencie fondamentalement les entreprises, dans un système capitaliste, c’est le travail total qu’elles paient : main d’ouvre + services + machines. C’est cela qui détermine finalement leur taux de profit, qui tend à s’égaliser entre les secteurs, sous l’effet de l’évolution des prix relatifs et des mouvements de capitaux entre secteurs. La rentabilité de Michelin, entreprise manufacturière, n’a d’ailleurs rien à envier à celle du Crédit lyonnais.

Enfin, il nous semble que la proposition du Parti communiste passe à côté d’un problème autrement plus important. Si différenciation il doit y avoir, ne convient-il pas de réfléchir à des mesures de régulation entre les grands groupes et le tissu des PME-PMI. Celles-ci sont en effet laminées non par le poids des cotisations sociales mais par le transfert de valeur que leur imposent les grands groupes (ainsi le poids des centrales d’achats des grandes surfaces, les constructeurs automobiles sur leurs fournisseurs, les donneurs d’ordre aux sous-traitants d’entretien). Sans parler de la véritable usine à gaz que représenterait dans la pratique la mise en ouvre de la modulation, la réforme structurelle dite alternative se heurte décidément à beaucoup d’objections de fond.

vendredi 20 avril 2007

Pour un autre monde basé sur le partage des pouvoirs, des richesses et des connaissances.

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Avec la candidature populaire et antilibérale portée par Marie-George Buffet, j'ai envie de parler politique. Non pas celle qu’on nous sert à l’envie dans les médias, focalisant essentiellement sur les enjeux de personne. Cette politique là est en crise. Non, nous voulons nous saisir avec cette candidature tant des enjeux politiques que du débat de fond, les aspects programmatiques, même si ce mot programme est visiblement devenu un mot tabou dans le discours ambiant, dans la pensée unique.

Nous sommes des militants de la gauche populaire et antilibérale et des militants communistes. Notre programme est le fruit d’un immense travail collectif réunissant des citoyens de toutes origines, communistes, socialistes, écologistes et j’en passe.

Nous partons du constat que nos sociétés basées sur le capitalisme génèrent des tensions et inégalités intenables sur du long terme. Des tensions et inégalités toujours soutendues par des logiques de domination, financière, militaire, sociale et autres. Nous voyons tous autour de nous des exemples de précarité, de cette pauvreté qui gagne toujours plus de personnes. Aujourd’hui le nombre de travailleurs pauvres augmente, le pouvoir d’achat stagne voire diminue pour certains. La valeur du PIB allouée aux salaires est passée en 20 ans de 70% à 60%, soit une perte de 150 milliards d’€ par an au détriment des salaires. Au profit de qui ? Le nombre de milliardaires dans le monde est passé de 700 à 950 dans les deux dernières années. Bernard Arnaud, première fortune de France a un capital de 26 milliards d’€. 4000 fois plus que le scandaleux et très médiatique golden parachute de Noël Forgeard. Les profits du cac 40 ont grimpé de 25% l’année dernière et se chiffrent à 100 milliards d'€. Il y aurait comme qui dirait un lien de cause à effet. Dans le même temps, nous voyons tous que notre démocratie est en crise, avec une perte des repères, une montée des nationalismes, des tensions xénophobes et racistes. Nous voyons tous les jours que les conflits armés se poursuivrent sur la planète pour assurer la loi du plus fort, qui pour le contrôle du pétrole et la domination de son empire, qui pour assurer sa colonisation, qui pour asseoir son petit pouvoir tribal, malheureusement sans être exhaustif.

Pourtant, nous ne croyons pas à la fatalité en politique. Nous ne croyons pas à la prétendue fin de l’Histoire. Nous ne croyons pas aux réformes dites nécessaires ou naturelles. Au contraire, nous croyons qu’un autre monde est possible. Nous avons été des millions à nous mobiliser pour rejeter la Constitution européenne libérale. Nous avons été des millions dans la rue à rejeter le CPE. Il est grand temps de faire le choix du changement par une politique radicalement alternative.

Il n’est donc pas impossible pour nous de dépasser le capitalisme. Il n’est pas impossible d’enfin introduire la démocratie dans l’économie. Il n’est pas impossible d’enfin donner du pouvoir aux citoyens via une réelle démocratie participative.

Nous avons regroupé nos propositions en plusieurs axes majeurs : augmenter fortement les salaires, les retraites et les minima sociaux, sécuriser l’emploi et la formation, créer un service public du logement, prendre en charge à 100% les soins de santé, placer l’écologie au cœur du développement, faire de l’école et de la recherche une priorité, investir dans la culture et assurer le statut des intermittants, reconnaître le droit de vote des résidants étranger, assurer la sécurité alimentaire, œuvrer pour la résolution des conflits armés (Palestine, Irak, Soudan, etc) proposer d’élaborer démocratiquement un nouveau traité européen enfin, lutter contre le libre-échange forcené, taxer les produits jouant sur la concurrence des salaires et harmoniser socialement et fiscalement l'Europe.

En parralèle de ces engagements, nous insistons sur un point : notre programme ne se contente pas d’aligner les promesses ou les déclarations d’intention. Nous insistons sur trois clefs essentielles pour permettre un vrai changement : 1. maîtriser les sommes colossales qui circulent sans utilité pour l’intérêt général, 2. créer une VIe République démocratique avec de nouveaux droits et pouvoirs pour les citoyens et les salariés, 3. changer radicalement, en les démocratisant, les institutions européennes et internationales (premier exemple, la BCE) afin de placer au cœur de leur fonctionnement la coopération et la paix.

Mais si nous disons que le souhaitable est possible, il n’est possible que par des décisions politiques. Seule la rupture avec les logiques actuelles et des choix radicalement nouveaux peuvent le permettre. Car il faudra traduire dans les urnes nos exigences. La candidature de Marie-George Buffet les porte.

Elle conjugue l’espoir d’un autre monde basé sur le partage des pouvoirs, des richesses et des connaissances.

Mais cet autre monde, elle ne le promet pas pour un avenir incertain. Elle le décline en mesures directement applicables qui pourraient rapidement changer la vie des gens tout de suite et sur du long terme. Cet autre monde, elle le décline avec sa volonté de faire gagner une gauche qui ne renonce pas devant l’ordre établi, de faire gagner la gauche qui ne se résigne pas à un discours simple d’opposition.

Alors, ce discours n’est pas très présent dans la campagne médiatique organisée en feuilletons. On fait mousser différents épisodes. Le troisième homme, les SCI et petits arrangements sur les appartements à Neuilly, les petits arrangements avec la justice, les insultes des ministres candidats au ministre soutien du frère jumeau … bientôt, on nous fera un loft avec les candidats si c’est plus vendeur. Cette campagne qui évite le fond nous rabache de sondages. Tous les jours, deux ou trois nouveaux. Les journalistes de la résignation et de la pensée unique nous les présentent comme fiables, quand bien même ils se sont régulièrement trompés. Quand bien même plus d’un électeur sur 3 dit ne pas savoir encore pour qui voter. Quand bien même beaucoup d’électeurs nouveaux se sont inscrits sur les listes électorales, sortant du jeu classique des statistiques. Les sondages ne sont plus simplement une photo de l’état de la société à un instant t. A la différence d’une photo, ils influencent l’état de l’opinion. Comme par hasard, dans le sens d’une monopolarisation de la vie politique autour de l'acceptation du libéralisme.

Alors, nous disons que c’est notre choix le 22 avril de résister à cette machine à penser. C’est notre choix le 22 avril de replacer les exigences sociales au centre de la vie politique. C’est notre choix le 22 avril d’adresser un message fort aux peuples de la planète disant qu’après le vote sur la constitution européenne, le peuple français entend proposer une alternative au libéralisme, basée sur la solidarité, l’égalité et la liberté.

Nous pouvons battre la droite et surtout ses idées à la condition d’enfin ancrer le débat sur des exigences sociales et démocratiques. Si nous sommes des millions sur la candidature de Marie-George, nous serons une force considérable pour battre la droite et exiger une politique de changement. Nous savons que la France ne se gouverne pas de la même manière quand la force communiste est forte ou non. Sans elle, aurions-nous obtenu autant d’avancées sociales qui font qu’il fait meilleur vivre en France pour le citoyen moyen qu’aux USA, pays du capitalisme pseudo triomphant ? Je pense aux congés payés, à la sécurité sociale, aux conventions collectives, aux services publics, etc. Si nous sommes des millions sur la candidatures de Marie-George Buffet, nous serons en mesure de faire entendre les exigences des salariés, de faire entendre les exigences des luttes. Car ce n’est pas un hasard si l’on voit autant de luttes émailler la campagne (Alcatel-Lucent, PSA, Airbus, Port autonome de Marseille, ANPE). Les citoyens, les salariés veulent se faire entendre. Nous pensons que c’est possible premièrement avec notre vote le 22 avril. Deuxièmement au-delà de la petite fenêtre de tir des élections, en faisant participer les citoyens à la vie démocratique et aux luttes sociales.

C’est souhaitable, c’est possible. La candidature de rassemblement de la gauche populaire et antilibérale de Marie-George Buffet le porte.

jeudi 5 avril 2007

Apéritif-débat : Demandez le programme !

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Pour discuter des enjeux des prochaines élections, du changement à gauche, un apéritif-débat est organisé le jeudi 12 avril, au 88 Bd Chave, 18h30, en présence de Jean-Marc Coppola et des militants de la gauche populaire et alternative.

Venez nombreux, et faites venir, pas que pour l'apéritif !

lundi 2 avril 2007

Synthèse des propositions de la gauche populaire et antilibérale

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Culture et communication

Introduction des enseignements artistiques dès la maternelle.

Défense de l'exception culturelle au sein de l'OMC ; soutien à la ratification de la convention sur la diversité culturelle de l'Unesco.

Suppression du CSA, remplacé par un Conseil supérieur des médias, composé d'élus, de professionnels et de citoyens.

Vote d'une loi interdisant la concentration dans les médias et l'édition.

Suppression progressive de la publicité sur les chaînes publiques ; instauration d'une taxe sur les revenus publicitaires des chaînes privées.

Réforme du droit d'auteur : soutien au développement d'Internet et des logiciels libres, rémunération des créateurs garantie par une taxe sur les profits des entreprises du secteur culturel.

Inscription du droit à l'information dans la Constitution.

Economie et emploi

Augmentation du smic à 1 500 euros brut, fin du gel des salaires.

Création d'un système de sécurité d'emploi ou de formation, assurant soit un emploi, soit une formation.

Revalorisation du taux et de la durée d'indemnisation du chômage.

Plan pluriannuel de résorption de l'emploi précaire, interdiction de l'emploi de stagiaires en remplacement de salariés.

Possibilité pour les salariés d'imposer des moratoires suspensifs sur les délocalisations et restructurations.

Application pleine des 35 heures, avancée vers les 32 heures.

Sanctions financières pour les entreprises ne réduisant pas les disparités salariales entre hommes et femmes.



Interdiction des marges arrière dans la grande distribution.



Réforme de la PAC, basée sur la souveraineté alimentaire et les accords de coopération.

Création de pôles publics financiers régionaux comme alternative au financement par les actionnaires.

Suppression des stock-options, mise en place d'un système public de l'épargne.

Refonte des cotisations sociales, étendues notamment aux profits financiers, parallèlement au déclin de la CSG et de la CRDS.

Doublement sur cinq ans de la part des impôts progressifs dans le budget de l'Etat, et réduction proportionnelle des impôts indirects comme la TVA.

Fixation du minimum imposable à 18 000 euros ; triplement de l'ISF pour les patrimoines supérieurs à 1,2 million d'euros.

Modulation de l'impôt sur les entreprises en fonction de l'utilisation des bénéfices (réinvestissement ou distribution aux actionnaires).

Education

Scolarité obligatoire jusqu'à 18 ans, suppression de l'apprentissage à 14 ans.

Revalorisation du budget de l'éducation nationale à hauteur de 7 % du PIB ; doublement du budget de la formation professionnelle.

Recrutement et formation de 150 000 enseignants et 45 000 personnels d'accompagnement sur cinq ans ; retour des personnels non enseignants au sein de l'éducation nationale.

Doublement du financement de la recherche ; exonération de la TVA pour les établissements publics de recherche.

Augmentation du budget de la jeunesse et des sports à 1% du PIB.

Environnement

Lancement d'un grand programme de recherche sur les économies d'énergie.

Création d'un pôle public de l'énergie, regroupant EDF, GDF, Areva, Total et la Cogema.

Réflexion autour d'une production d'énergie nucléaire propre, durable et 100 % publique.

Moratoire sur la production d'OGM en plein champ.Mise hors la loi des pavillons de complaisance.Création d'un impôt sur les profits pétroliers pour financer un Fonds national de lutte anti-pollution.

Application du protocole de Kyoto ; suppression du droit à polluer.

Europe

Vote sur un nouveau traité européen, comportant une charte des droits fondamentaux contraignante, soumis à référendum dans tous les pays.

Recul des pouvoirs de la Commission européenne au profit du Parlement européen et des parlements nationaux.

Soumission de la Banque centrale européenne au contrôle des parlements nationaux.

Suppression du pacte de stabilité au profit d'un financement concerté de politiques de développement.

Refus des directives de libéralisation des services publics ; création d'un réseau européen d'entreprises publiques.

Famille et logement

Construction en cinq ans de 600 000 logements HLM, application de la loi SRU imposant 20 % de logements sociaux par commune.

Interdiction des saisies, des expulsions, des coupures d'eau, de gaz et d'électricité.

Interdiction des ventes à la découpe.

Financement à hauteur de 2 % du PIB d'un service décentralisé du logement et de l'habitat.

Reconnaissance du droit au mariage et à l'adoption pour les couples homosexuels.

Immigration et intégration

Régularisation de tous les sans-papiers, respect du droit d'asile, suppression des zones d'attente des centres de rétention, rétablissement de l'aide médicale d'Etat.

Le droit de vote sera accordé à tous les immigrés après trois ans de résidence pour les élections locales et dix ans pour les élections nationales.

La lutte contre les discriminations sera déclarée grande cause nationale.

Institutions et réforme de l'Etat

Election d'une Assemblée constituante pour la création d'une nouvelle République.

Instauration du référendum d'initiative populaire.Généralisation du vote à la proportionnelle, obligation de respecter la parité, diminution de la durée des mandats et interdiction des cumuls.

Suppression du Sénat.

Election du président de la République au suffrage indirect pour cinq ans.

L'indépendance de la justice sera contrôlée par le Conseil supérieur de la justice, dont le président de la République et le garde des sceaux seront exclus.

Abolition de l'article 49-3.

Revalorisation de 10 % des salaires des fonctionnaires.

Création d'un Haut Conseil de la laïcité.

Abandon des privatisations de services publics, qui seront exclus de l'Accord général sur les commerces et les services.

Justice et sécurité

Abrogation des lois Perben et Sarkozy.

Redéploiement d'une police de proximité.

Renforcement de la prévention par le développement de l'action sociale.

Présence obligatoire d'un avocat dès la première heure de garde à vue.

Accompagnement de toute peine de prison d'un projet global de réinsertion.

Politique étrangère et défense

Emancipation vis à vis de l'OTAN.

Aide financière au développement des anciennes colonies françaises.

Application stricte des traités de non-prolifération nucléaire.

Soutien à la création d'un Etat palestinien dans les frontières de 1967, vivant dans une sécurité partagée avec Israël.

Démantèlement des bases militaires en Méditerranée.

Santé et retraites

Abrogation de la réforme Douste-Blazy.

Objectif de 100 % des dépenses de soins remboursées ; remboursement immédiat à 100 % de tous les modes de contraception.

Rétablissement de l'élection des administrateurs de la Sécurité sociale par les assurés.

Rétablissement de la retraite à 60 ans à taux plein pour 37,5 années de cotisation.

Développement du système de retraites par répartition.

vendredi 30 mars 2007

Sécruité Emploi/Formation

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Pour une sécurité emploi/formation. Une réforme de fond qui pourrait bien un jour changer la vie radicalement ! (cf le document joint)

mardi 27 mars 2007

Demandez le programme !

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D’abord, plutôt que de parler de Marie-George Buffet, il conviendrait mieux de parler d’un programme pour une Alternative au libéralisme. Car c’est bien de programme dont il s’agit et non de personnalité, comme le veut la tradition de la Vème République.

Encore que celle de la candidate est loin d’être à son désavantage étant donné la dignité dont elle fait preuve, son respect des autres, pas toujours partagé d’ailleurs, la clairvoyance et la clarté qui l’anime dans ses réponses.

Le programme d’un(e) candidat(e) est souvent long, pour ne pas dire fastidieux, à lire et à analyser pour un grand nombre d’électeurs. Ceux-ci ont-ils alors recours aux grands titres de la presse écrite ou, plus simple encore, le bon vieux journal télévisé de 20 h pour se croire informés.

Je vous propose donc, à ma façon, une déclinaison simplifiée, et par conséquent incomplète, de ce que représente la candidature de Marie-George Buffet pour l’avenir de la France et donc de nous tous.

Elle se résumerait, en fait, à la question de savoir si la politique doit diriger l’économie ou l’inverse.

Les « principaux candidats », de par leur posture libérale, optent immanquablement pour la deuxième solution, la conséquence en étant qu’en tout état de cause et quel(le) que soit l’élu(e), cela ne changera pas grand chose sinon, un peu plus de police et de répression pour l’un, un peu plus de démagogie et de boulettes pour l’autre ou un peu plus d’égarrements en tout genre pour le dernier. Puisque tous parlent de République, de drapeau tricolore et autres annexes, revenons aux valeurs de la République, avec les 24 lettres de son triptyque, dans le programme de Marie-George Buffet.

Légitimité : la désignation d’une candidature unitaire fut difficile et n’a pas pu aboutir. Il n’en reste pas moins que Marie-George Buffet fut élue par la majorité des Collectifs, quoi qu’on en dise et quoi qu’on en pense, et son programme est exclusivement celui des 125 propositions élaborées par les dits-collectifs..

Impôts : c’est la nécessité incontournable de chiffrer les mesures à prendre. Refonte de l’impôt sur le revenu avec un maximum de 55%, triplement de l’impôt sur la fortune pour les patrimoines supérieurs à 1,2 millions d’euros, abaissement de la TVA (l’impôt le plus injuste puisqu’il touche indistinctement tous les revenus) et suppression pour les produits de première nécessité, modulation de l’impôt sur les société en fonction de l’usage fait des bénéfices.

Budget : directement lié au précédent en fonction du PIB, Education Nationale (7%), logement (2%), Jeunesse et sport (1%), Culture (1%), doublement du budget de la formation professionnelle.

Education : abrogation de la loi Robien, recrutement de 150 000 enseignants et de 45 000 personnes d’encadrement sur 5 ans, scolarisation obligatoire jusqu’à 18 ans, suppression de l’apprentissage à 14 ans.

Retraite et Santé : abrogation de la loi Fillon. Retraite à 60 ans à taux plein avec 37,5 annuités. Aucune retraite inférieure au SMIC. Développement du système de retraite par répartition. Abrogation de la réforme Douste-Blazy. Recrutement de 9300 médecins et de 40 000 infirmières par an.

Travail : abrogation du CNE, le CDI sera la norme d’emploi, taux et durée d’indemnisation du chômage revalorisés, interdiction de l’emploi de stagiaires en remplacement des salariés, recours à l’intérim interdit, refondation de l’ANPE..

Europe : nouveau TCE, adopté par référendum dans tous les pays, comportant une charte des Droits Fondamentaux, refus de libéralisation des Services Publics (notons à ce sujet qu’elle est la seule candidate à avoir dénoncer la réunion de Madrid du 26 janvier 2007, et que d’autres candidats voudraient bien nous faire avaler ce TCE plus ou moins allégé sous forme parlementaire, ou référendaire mais à leur façon). La fête du cinquantenaire de la naissance de l’UE à Berlin le dimanche 25 mars n’a fait que confirmer ces craintes.

Environnement : économie d’énergie, impôts sur les profits pétroliers pour financer la lutte anti-pollution, application du protocole de Kyoto, référendum sur le nucléaire, développement des énergies renouvelables.

Généralisation : vote à la proportionnelle, respect de la parité, diminution de la durée des mandats, interdiction des cumuls, droit de vote et d’éligibilité des étrangers sous conditions d’années de résidence (3 ans pour les locales, 10 ans pour les nationales).

Agriculture : réforme de la PAC basée sur la souveraineté alimentaire, moratoire sur la production d’OGM en plein champ.

Logement : construction en 5 ans de 600 000 logements, création d’un service décentralisé du logement et de l’habitat, application de la loi SRU (20% de logements sociaux par commune), interdictions des saisies, expulsions, coupures d’eau, de gaz, d’électricité.

Immigration : régularisation des sans-papiers, respect du droit d’asile, suppression des zones de rétention, lutte contre toutes les discriminations.

Taxes : sur les activités commerciales liées au téléchargement, sur les profits des entreprises du secteur culturel, sur la publicité à la télévision, sur les transactions financières.

Epargne : mise en place d’un système public d’épargne, suppression des stock-options.

Famille : droit au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels, loi contre les violences faites aux femmes, contraception remboursée à 100 %, droit à l’IVG, garantie des droits des femmes migrantes.

Réforme fiscale : outre l’IR, l’ISF et la TVA, refonte des cotisations sociales étendues aux profits financiers et baisses de la CSG et de la CRDS.

Augmentation : le SMIC à 1500 € brut, fin du gel des salaires, revalorisation de 10 % du salaire des fonctionnaires.

Triplement de l’ISF pour les patrimoines supérieurs à 1,2 millions d’euros, doublement au delà de 750 000 euros.

Election et démocratie : Président de la République élu au suffrage indirect pour 5 ans, suppression du Sénat, suppression du 49-3, création d’un référendum d’initiative populaire.

Recherche : doublement du financement, exonération de la TVA pour les établissements publics.

Nation : sans être explicitée, cette idée se retrouve dans le développement et la rénovation de tous les Services Publics, l’arrêt des privatisations, les renationalisations et le recrutement d’agents de l’État.

Inscription : droit à l’information dans la Constitution.

Traitement de la justice et de la sécurité : abrogation des lois Perben et Sarkozy, peines de prison accompagnées de réinsertion.

Expérience : Ministre de la Jeunesse et des Sports, elle s’est attaquée efficacement au dopage, au suivi des athlètes de haut niveau, elle a tenté d’imposer le double contrôle sanguin et urinaire (véto des USA) et s’est attaquée également au problème de la délinquance en banlieue. Les athlètes et les enseignants d’EPS n’ont pas oublié son passage remarqué et brillant à ce ministère.

Il ne s’agit pas ici, bien entendu d’une liste exhaustive. Son programme comporte bien d’autres mesures dans les différents domaines exposés, et en particulier en matière de politique étrangère et de défense. Je n’ai fait que m’attacher à ce qui me semblait toucher au plus immédiat de notre quotidien.

Les mesures proposées et parfaitement réalisables ouvrent une autre voie que celle sur laquelle ceux qui se relaient au pouvoir depuis des décennies avec la complicité des media tentent de nous masquer.

Ouvrons les yeux et soutenons ce véritable programme RÉPUBLICAIN en 24 lettres :

LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ